POUR UNE REFORME D’AMPLEUR DE L’EDUCATION

 

L’auteur de ces lignes avoue n’avoir aucun vécu sur ces questions, n’ayant pas enseigné, sinon de la formation professionnelle à des adultes.

Cependant, cette question est si importante et on lit tellement d’âneries sur le sujet à longueur de temps qu’on a pensé être dans l’obligation d’y consacrer cet opus.

 

  1. LES ANERIES REPETEES A L’INFINI

 Première ânerie, les français seraient opposés à la sélection

C’est faux, ils y sont au contraire favorables dans une optique de bons diplômes pour leur enfant, mais, à titre individuel, ils souhaitent, bien sûr que celui-ci aille le plus loin possible, on verra pourquoi, on essayera de ne rien éluder.

Les jeunes eux, y seraient opposés alors ? Quand on leur pose la question, non, ce dont ils ont peur c’est de ne rien avoir s’ils n’ont pas franchi l’obstacle. Ceci nous renvoie à l’articulation avec la formation professionnelle que nous ne pourrons qu’aborder. Mais il y a, à l’évidence, un point important ici. Mais ils sont favorables à la sélection à l’université.

 

Deuxième ânerie, on nous ressasse à l’infini que « il y a la moitié des élèves qui échouent en première année de fac »

Eh oui, car ce sont des jeunes qui ont obtenu le bac mais n’ont eu accès à aucune filière professionnelle (BTS, DUT) ou sélective (classes prépa). Ils/elles se sont inscrit à l’université faute de mieux et pour ne pas être confrontés trop vite à la vie professionnelle. Ils/elles n’ont souvent aucune connaissance de la matière qu’ils ont choisi ni des exigences qui devraient être celles du supérieur.

Mais ce taux d’échec : est-ce leur faute ou est-ce dû au fait que le bac d’aujourd’hui est à peu près l’équivalent du certificat d’étude des années cinquante ?

Le problème est qu’on en a tiré la conclusion qu’il fallait abaisser le niveau d’exigence à l’université aussi. Les enseignants sont donc sommés de laisser à peu près tout le monde continuer l’année suivante. Ce qui fait que le problème est déplacé jusqu’à l’entrée en Master pour des jeunes qui n’ont jamais eu le goût des études, ne l’ont toujours pas et sont à peu près inaptes à un raisonnement analytique. Et pour des diplômes évidemment de plus en plus dévalorisés – car certaines filières universitaires continuent à se protéger comme le droit et la médecine.

 

Troisième poncif, « l’école ne corrige pas les inégalités sociales »

Ce poncif ayant en fait deux sens : pour les gens plutôt à droite c’est la preuve de l’inefficacité du système scolaire, tandis que pour ceux plutôt à gauche, il s’agirait que l’école converge vers un idéal d’égalitarisme – à condition que cela ne soit pas pour leurs enfants car l’immense majorité des élus socialistes place ses enfants dans le privé, ce qui est aussi le cas de très nombreux enseignants. Ou, si ces derniers les laissent dans le public c’est qu’ils savent qu’ils sauront leurs donner les codes pour réussir.  Pris dans le second sens, cette affirmation est d’ailleurs absurde ;  la constitution dit certes « Liberté, égalité, fraternité » mais égalité doit être pris dans le sens « de traitement », tout le monde doit être traité de la même manière et non pas doit avoir les mêmes perspectives et le même salaire.

Or une étude récente a montré que les ZEP (zones d’éducation prioritaire, dont l’appellation change régulièrement) dont les classes bénéficient d’avantages spécifiques n’atteignent pas du tout leur objectif, l’échec scolaire y est plus élevé  qu’ailleurs, pour deux raisons :

  • les parents, pour beaucoup d’entre eux, ont une stratégie d’évitement par rapport à ces établissements « marqués au fer rouge »
  • les enseignants, de leur côté, cherchant à y rester le moins longtemps possible

Et comme ça ne marche pas, l’Education Nationale a la réponse : aligner le niveau de tout le monde vers le bas. (Les nouveaux programmes, issus de la dernière réforme des Rythmes scolaires sont affligeants, spécialement en mathématiques, histoire et français, on a consulté des livres de quatrième)  Les parents des catégories supérieures répondant eux par toujours plus de privé.

On arrive alors à un système à deux vitesses :

  • Enseignement privé, sélectif, où les élèves ont une charge de travail importante et doivent atteindre un niveau jugé adéquat
  • Enseignement public, suivant à la lettre les injonctions du ministère où l’objectif essentiel est : ne pas se distinguer

En même temps, du point de vue individuel, la situation n’est pas toujours celle-là : il y a des établissement privés qui cherchent avant tout le bien être de l’élève, comme il y a des enseignants du public qui ont de l’ambition et, du reste, pour des raisons historiques, les meilleurs lycées sont publics. Mais, grosso modo, c’est ainsi que cela fonctionne.

Disons-le : la question ne doit pas être posée comme cela. Veut-on aligner tout le monde vers le bas dans le contexte actuel de mondialisation de l’économie ? Non, on ne le veut pas car ce serait sacrifier les générations actuelles et à venir. Veut-on dès lors que tout le monde réussisse ? Non plus car cela passe forcément par un abaissement du niveau moyen (mais on y reviendra) ? Veut-on que les élèves méritants issus de milieux défavorisés (on ne dit pas tous, on dit beaucoup) puissent accéder aux meilleurs diplômes ? Alors là, on dira oui. Cf. plus loin, on proposera que les sélections d’entrée dans le supérieur accordent systématiquement des quotas de fait aux établissements moins cotés. Ainsi il n’y aura plus de lycées poubelle puisqu’on pourra y réussir tout aussi bien ; il y aura des stratégies parentales à affiner en conséquence.

La réalité de la sélection dans le supérieur

Comme l’a montré la procédure de sélection « parallèle » instituée par l’IEP Paris puis suivie ensuite par d’autres grandes écoles, dans le processus de sélection il  y a de la pure sélection, on échoue ou on passe à un dixième de point non car on est meilleur ou moins bon mais parce qu’il faut bien réduire le nombre d’entrants. Et des élèves choisis en raison du quartier où ils vivent finissent par avoir des résultats presque aussi bons, et, au final, souvent  aussi bons, montrant la sélection pour ce qu’elle est ; un entonnoir efficace mais pas forcément pour trouver les meilleurs.

D’autre part, la sélection dans les très grandes écoles pose aussi ce fameux problème d’endogamie. Les sujets sont en effet rédigés par les professeurs des établissements les plus réputés qui sont aussi les correcteurs. Donc ne pas s’étonner si c’est toujours Henri IV et Louis-le-Grand qui ont le meilleurs taux de réussite à Polytechnique.

D’accord, le roi est nu, on a vu et dénoncé les effets pervers de ces sélections. Mais d’un autre côté, demain on ne rase pas gratis non plus, car pourquoi, d’un autre côté avoir choisi tel ou tel lycée de Seine-Saint-Denis ? Pourquoi pas un autre ? Il est certain que les sélections doivent introduire de la diversité et/ou des quotas. Mais il ne faudra pas trop en attendre non plus, l’idéal étant que des « rencontres » poussent avoir lieu : tel élève défavorisé finit par se convaincre qu’il serait capable de faire une INSA, pendant que cette école se dit qu’elle est à la recherche de tel ou tel profil. Mais cela va aussi au-delà de ce document.

Par ailleurs, on ne va pas remettre en question à toute force les zones d’éducation prioritaire, mais, même si personne ne le dit, n’y a-t-il pas rupture du principe d’égalité quand on donne plus, en termes de moyens, à des établissements car ils sont dans des zones défavorisées. Que devraient dire ceux qui habitent les quartiers aisés ou moyens qui sont aussi ceux qui paient des impôts ?

 

Quatrième poncif, « ce qu’on leur enseigne ne peut pas intéresser les élèves »

Variante : on ne sait plus comment les intéresser. Sous-entendu, l’enseignement « traditionnel » n’est pas adapté au monde numérique dans lequel ils vivent. Cette remarque est à la fois vraie et fausse :

  • Elle est vraie dans la mesure où le monde a effectivement énormément évolué ces dernières décennies et les enseignants n’ont de ce fait pas grand-chose à apprendre dans la mesure où ils en savent plutôt moins que les jeunes sur les outils internet
  • Elle est fausse dans la mesure où cela a toujours été vrai. Exemple : on enseignait le latin en sachant que les élèves n’en auraient pas besoin dans la vie courante. Ce constat devient dès lors un aveu de faiblesse d’un système supposé se mettre au service des « consommateurs d’enseignement » sans, vu comme cela, leur apporter ce qu’ils viendraient y chercher.

Pour parvenir à cet idéal, on pourrait évidemment offrir une console de jeux à chaque élève et lui demander de rester chez lui pour jouer toute la journée. C’est la fabrique des ânes comme dans le dessin animé Pinocchio.

Les enseignants, d’autre part, n’ont pas à se sentir culpabilisés. Rappelons ce que l’on a dit des professeurs d’école de commerce : « s’ils savaient réellement comment gagner de l’argent, ils seraient en train de faire des affaires ». On ne sait pas de quelles connaissances les élèves auront besoin et mieux vaut appliquer les recettes connues que de bricoler dans son coin. Les langages informatiques, par exemple, seront complètement différents dans dix ans, alors pourquoi enseigner ceux d’aujourd’hui ?

On préconise, à rebours, de revenir (on ne dit pas que cela a été tout à fait abandonné mais pas loin) à l’apprentissage par cœur : poésies et tables de multiplication. Les jeunes doivent aussi apprendre à écrire et dessiner avec leurs mains, cela développe  des zones de l’intelligence dont on n’a aucune preuve qu’elles ne sont plus utiles. Il est souhaitable aussi d’apprendre des listes de vocabulaire pour bien repérer les synonymes et les nuances, cela pouvant être sous forme ludique (QCM).

On veut aussi rappeler qu’étudier,  toutes sortes de sujet, ce qu’on appelle la « culture générale » n’est absolument pas incompatible avec la réussite professionnelle au sens création. On prendra deux exemples dans le monde des nouvelles technologies. Qu’ont en commun Bill Gates (l’un des deux fondateurs de Microsoft), et Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) ? C’est qu’ils sont tous deux diplômés d’une des universités les plus prestigieuses : Harvard. Eric Schmidt, l’un des fondateurs de Google, d’autre part, est diplômé de Princeton et Berkeley, pas les pires universités non plus. Rappelant aussi que les jeunes ont cette capacité d’apprendre qui n’a en quelque sorte pas de limite à 18 ans alors qu’après cela sera de plus en plus difficile.

En revanche, on va préconiser plus loin d’utiliser beaucoup les technologies numériques d’aujourd’hui, spécialement :

  • téléenseignement avec la visiophonie
  • possibilité de partage de documents, à distance ou pas
  • messageries entre profs et étudiants
  • Possibilité, au moins dans chaque lycée, de bénéficier, pour chaque élève, d’un « studio d’enregistrement » permettant de s’entendre et se voir pour préparer les entretiens et présentations du futur

 

Cinquième ânerie, « donner la parole aux apprenants »

Oui, car on ne dit plus élève mais « apprenant » dans le jargon des « pédagogistes ». Quelle est la différence entre un pédagogiste et un pédagogue qui, à l’instar d’Erasme, cherche le meilleur moyen de passer la connaissance d’une génération à l’autre. C’est que le premier ne se soucie pas d’enseigner, il/elle ne l’a jamais fait ou c’était il y a très longtemps. Non, son souci c’est de développer une fausse science à base de poudre de perlimpinpin pour se donner des airs de savant, à l’instar des médecins de Molière. Les syndicats de l’éducation nationale ont d’ailleurs une grande part dans la montée en puissance de ces gens, quand ils ont voulu que tous les enseignants aient Bac + 5, sans doute dans l’optique d’une revalorisation financière des carrières qui n’est jamais venue. Et donc, pour arriver à Bac + 5 il a fallu farcir les programmes avec ce qu’on a pu trouver. Et, comme du temps de Molière, on savait bien que les médecins n’avaient pas de connaissances que l’on dirait scientifiques de nos jours, mais on n’osait pas les affronter non plus pour le jour où on aurait besoin d’eux.

Sans aller plus loin dans la critique de gens qui ne le méritent même pas, il s’agit, dans la phrase de titre, que les élèves « proposent » d’autres orthographes, d’autres maths, d’autres ce qu’on veut pour que, dans un dialogue d’égal à égal, l’enseignant « propose » à son tour la solution qui est la bonne, mais surtout sans contrainte.

Cela peut faire rire, comme le Malade imaginaire, ou pleurer quand on constate, par exemple, que, on cite :

« Le niveau en orthographe des écoliers français plonge

LeMonde.fr 9 novembre 2016

Qui peut ignorer que l’orthographe des petits Français s’est détériorée ces dernières années ?

L’étude que publie mercredi 9 novembre le ministère de l’éducation nationale dessine même une

plongée. … trois mois après l’entrée en vigueur, à la rentrée, de nouveaux programmes, le ministère a décidé de rendre publique une évaluation de son service statistique, recontextualisée sur une longue période, des performances en orthographe des élèves en fin d’école primaire.

 

Soit une dictée-type d’une dizaine de lignes donnée à des écoliers de CM2 à trois reprises ces trois

dernières décennies – 1987, 2007 et 2015. Comparez leurs résultats… et vous ravirez les déclinistes :

arrivés au terme de leur scolarité primaire, alors qu’ils ont face à eux la marche de l’entrée au collège

à franchir – un collège rénové précisément cette année –, nos enfants font en moyenne 17,8 erreurs,

contre 14,3 en 2007 et 10,6 en 1987. C’est 3 erreurs de plus que leurs aînés testés dans les mêmes

conditions en 2007, voire 7 de plus si l’on ose la comparaison avec 1987, pour un texte comportant

67 mots et 16 signes de ponctuation.

 

On aimerait le croire compliqué. « Le texte ne présente pas de difficultés linguistiques particulières,

apprend-on à la lecture de cette note d’information. »

 

On reviendra sur la question de savoir si le niveau baisse ou non. En tout état de cause, cette soit disant science n’est même pas ce qu’en attendraient les élèves si on leur demandait. Les enfants n’attendent pas une école où toute connaissance est relative mais ils attendent de l’adulte qu’il leur apporte son savoir et son expérience. Et on ne parle pas des parents bien sûr.

On avait, à cette fin, supprimé les IUFM qui sont revenus sous une autre appellation suite à un changement de majorité. D’aucuns préconisent aussi de « raser la rue de Grenelle » qui fonctionne de fait comme une secte. On peut aller jusque -là si le ver est trop dans le fruit. La réforme Zéro de notre catalogue consistera effectivement à mettre à la retraite d’office – et surtout pas devant des enfants – le plus possible de pédagogistes pour remettre l’éducation sur ses pieds. Il faudra, en fonction des possibilités, aller plus loin car, de licences bidons en masters toto, pas mal d’enseignants ont malheureusement presque autant de lacunes que leurs élèves sur les savoirs de base. C’est donc tout le système qui sera un jour à revaloriser.

Parallèlement aux pédagogistes, il y aura lieu aussi de « dégager » les escrocs de la Théorie du Genre.

 

  1. DES SIMPLIFICATIONS QUI ONT UNE CERTAINE PERTINENCE

Une fois critiquées ces assertions, ce qui était un exercice plutôt facile, on arrive maintenant sur des assertions « comme chacun sait » qui sont beaucoup plus difficiles à appréhender

 

Première assertion, « le niveau augmente »

Respectivement, il baisse. Les deux assertions contradictoires ont la même valeur ici.

Pourquoi est-ce important ? Pour savoir si l’effort éducatif de la nation nous conduit dans la bonne direction et, vu comme cela, c’est évidemment important puisque c’est le premier ou le  deuxième budget de l’Etat après ou avant la dette, selon les années.

Il y a aussi un enjeu évident : dans la compétition mondiale, plus on aura de citoyens bien formés plus l’économie sera compétitive, d’où de meilleurs salaires et plus d’emploi également.

 

On a tenté de son coté de poser la question à des enseignant qui étaient déjà en poste il y a 25 ans par exemple. Eux-mêmes ne savent pas répondre à la question et on s’aperçoit, en fait, qu’il n’est pas forcément judicieux de trouver une réponse binaire. On pense que tout le monde, en tout cas, tous les acteurs honnêtes, qu’il y a deux périodes. Si on prend par exemple, années choisies arbitrairement :

  • les enfants nés entre 1960 et 1975 d’une part
  • et ceux nés entre 1980 et 1995 d’autre part

Tout le monde va être d’accord pour dire que le niveau des élèves, en primaire par exemple, a significativement augmenté. Dans les années soixante un nombre non négligeable d’élèves ne savaient toujours pas lire en CE2, beaucoup arrivaient à l’école sans avoir rien dans le ventre, les études n’étaient pas non plus valorisées par les parents et il était d’usage, dans nombre de familles de commencer à travailler à quatorze ans si on pouvait, certains enfant travaillant d’ailleurs à la ferme ou à l’épicerie pour aider leurs parents. Pour les filles, beaucoup pensaient aussi  qu’il était sage de ne pas aller au-delà du bac. En revanche, le Certificat d’étude avait une valeur certaine et on était forts en latin. On mesure, sans les lister une à une, toutes les différences avec les générations suivantes. C’est que le deuxième groupe a bénéficié à plein des trente glorieuses, ces années de forte croissance après 45. La hausse du  niveau s’explique essentiellement par celle du niveau de vie, couplée à une tertiarisation qui fait que les études sont de nos jours beaucoup plus valorisées par les parents. En outre, grâce à la télévision, les jeunes d’aujourd’hui ont accès à l’information beaucoup plus tôt.

En ce sens, l’Education nationale a donc eu raison d’ouvrir les vannes de l’accès au lycée (en 1975 25% d’une classe d’âge obtenait le bac) et a même eu raison de mettre en place le collège unique.

(Encore que, mais on ne souhaite pas ouvrir ce débat, l’augmentation du nombre de lycéens puis étudiants soit pour une grande part de la poudre aux yeux : en réalité la proportion de bacheliers de la filière générale n’augmente pratiquement plus au cours des trente dernières années avec ce que l’on peut en inférer sur la qualité des diplômes perçus par, par exemple, les entreprises Cf. MOBILITÉ ENTRE GÉNÉRATIONS ET FLUIDITÉ SOCIALE EN France LE RÔLE DE L’ÉDUCATION1 - Louis-André Vallet, CNRS-Observatoire Sociologique du Changement, Sciences Po, Paris)

Mais depuis ? Tout comme la croissance économique a fortement décéléré, on ne peut qu’être très circonspect par rapport à une continuation éventuelle des progrès. Au contraire, la baisse du niveau en français, par exemple, fait qu’arrivent à l’université des jeunes quasiment incapables de s’exprimer à l’écrit ou à l’oral.

Or les enquêtes PISA montrent de fait une baisse, même lente, du niveau scolaire. Même si on n’aime pas le traitement qui en a été fait en France, spécifiquement entre 2012 et 2016 des résultats évidement négatifs de cette enquête. Car on les a évidemment utilisés pour introduire une couche supplémentaire d’alignement vers le bas. Cependant, malgré cet inconvénient purement français, cette enquête est un outil irremplaçable.

L’enquête PISA est réalisée tous les 3 ans pour le compte de l’OCDE dans les 34 pays participants. Les élèves ont 15 ans dans tous les pays. Dans le tableau qui suit, on a éliminé certaines entités trop petites ou représentant seulement une région ainsi Shanghai (qui serait premier), Macao, Estonie, Islande... ainsi que le Viet Nam.

 

Score moyen

Mathématiques

 

Compréhension

Sciences

 

 maths 2012

Pourcentage

Pourcentage

de l’écrit

 
   

d’élèves peu

d’élèves très

   
   

performants en

performants en

Score moyen

Score moyen

   

mathématiques

mathématiques

   
   

(sous le niveau 2)

(niveau 5 ou 6)

   

Moyenne OCDE

494

23

12,6

496

501

Singapour

573

8,3

40

542

551

Hong-Kong (Chine)

561

8,5

33,7

545

555

Taïwan

560

12,8

32,7

523

523

Corée (S.)

554

9,1

30,9

536

538

Japon

536

11,1

23,7

538

547

Suisse

531

   

509

515

Pays Bas

523

14,8

19,3

511

522

Canada

518

   

523

525

Pologne

518

   

518

526

Belgique

515

   

509

505

Allemagne

514

   

508

524

Autriche

506

 

A

490

506

Australie

504

   

512

521

Irlande

501

   

523

522

Danemark

500

   

496

498

Tchéquie

499

   

493

508

France

495

22,4

12,9

505

499

Royaume Uni

494

21,8

11,8

499

514

Portugal

487

   

488

489

Italie

485

   

490

494

Espagne

484

   

488

496

Russie

482

   

475

486

Etats-Unis

481

   

498

497

Suède

478

   

483

485

 

On note que le classement est basé sur le score en maths, du meilleur au moins bon, les auteurs estimant que les capacités en maths à 15 ans préjugent très précisément de la capacité d’abstraction qu’ils auront une fois adultes. On peut noter aussi que les Etats-Unis et la Suède sont en queue de classement ce qui pourrait étonner, spécialement pour le dernier – et que les pays asiatiques dominent très largement le classement (écart de 50 points en maths entre Singapour et les Pays Bas, quand même !), ce qui veut dire qu’il y des biais dans les épreuves ou la manière de mesurer. N’importe.

Les scores dans les trois tests sont extrêmement proches, la Corée, par exemple, est quatrième pour les trois, Portugal, Italie, Russie et Espagne sont aussi très cohérents, Singapour et HKG se « tirant la bourre » aux deux premières places, avec des exceptions (maths/lettres) aussi comme la Suisse et l’Irlande. En tout cas cela démontre que sacrifier le français, ce qui a été la politique constante du ministère au cours des dernières décennies, n’est pas rentable. On a aussi besoin de maîtriser sa langue pour être bon en sciences. C’est, à l’inverse, l’enseignement des progressions de pays comme l’Italie et le Portugal qui ont gagné des positions par rapport aux classements précédents.

La France se situe très peu au-dessus de la moyenne OCDE, ce qui n’est pas une bonne performance car le classement inclue des pays beaucoup plus pauvres. Le pays, en outre, d’un classement à l’autre, recule, c’est-à-dire que nous sommes rejoints et dépassés par de plus en plus d’autres. Ce qui n’implique pas non plus une baisse en valeur absolue ? Non, car qui n’avance pas recule. D’ailleurs, l’OCDE nous a spécifiquement alertés sur le fait que nos dépenses d’éducation étaient trop élevées par rapport aux résultats produits. En outre, il convient d’être de plus en plus vigilants à une époque où de très nombreux métiers peuvent aujourd’hui être délocalisés, spécifiquement dans les développements et l’exploitation informatiques, les centres d’appel, les back offices …

Le constat est donc suffisamment clair. Même si cela ne dit pas tout non plus sur la compétitivité d’un pays. Le Royaume Uni et les Etats-Unis, par exemple, peuvent se permettre de faire un peu moins bien au niveau scolaire car ils ont les meilleures universités au monde et sont donc sûrs de récupérer ainsi de nombreux talents étrangers.

Israël, d’autre part, est relativement mal classé, en fait tout juste au niveau de son PIB par habitant, pour un pays qui est parmi ceux qui créent le plus d’entreprises technologiques par habitant. Le ministre de l’éducation, qui a lui-même créé auparavant des entreprises, Naftali Bennett, l’explique par trois facteurs :

  • l’étude du Talmud qui oblige à se poser, collectivement, des questions jusqu’à l’infini
  • un système particulier qui fait que les adolescents s’occupent des plus jeunes
  • le service militaire qui donne à de très jeunes adultes la responsabilité de prendre des décisions décisives au jour le jour, le pays étant en guerre.

Il synthétise ce système particulier par le terme « système d’éducation parallèle », autrement dit tout ce qui se joue hors des salles de classe. On va s’en inspirer, sans prôner pour autant que la France entre en guerre contre quiconque, évidemment. On en retient que le système scolaire ne doit pas être absolument uniforme pour tous : on peut ralentir pour attendre certains élèves, mais on doit aussi lâcher la bride aux chevaux pleins de fougue.

 

Deuxième assertion, « Plus on a un diplôme élevé plus on aura de chance de trouver un emploi »

Statistiquement c’est vrai et cela peut aussi s’expliquer logiquement. En effet un niveau d’étude supérieur désigne aussi une capacité d’apprentissage plus élevée tout au long de la vie et donc de plus grandes capacités à évoluer, changer de métier, se recycler. Et le chômage, à tout âge, concerne beaucoup plus les moins diplômés. Alors faut-il amener, « vaille que vaille » tout le monde jusqu’à Bac + 5 ? C’est l’alpha et l’oméga de la politique éducative de ces dernières décennies.

Cette politique comporte cependant plusieurs inconvénients :

  • Elle est coûteuse évidemment
  • les jeunes mettent longtemps à trouver leur voie, le chômage des jeunes étant évidemment beaucoup plus élevé que dans les pays ayant pris la voie de l’apprentissage, spécifiquement le modèle Mitteleuropa
  • Du coup, cela a aussi un impact sur les comptes sociaux : salariés qui entrent plus tard dans la vie active et ne cotisent ni à la retraite ni à la Sécu

En outre, mais cela concerne sans doute presque tous les pays du monde, on assiste à une prolétarisation des emplois. Cadre ou ingénieur, par exemple, n’a plus du tout le même sens qu’il y a trente ans quand on se retrouve des centaines surs des bureaux paysagers de la Défense. Mais ceci est un peu plus vrai là où il y a chômage de masse comme en France, car la mobilité y est alors très faible.

La solution, dans nombre de pays, y compris ceux que l’on retrouve, curieusement ? en tête du classement PISA, plus la Chine, consiste à avoir une épreuve couperet qui désigne, souvent vers 18 ans, ceux qui pourront accéder au supérieur et ceux qui n’y auront pas droit. La Chine, par exemple, s’arrête de respirer pendant les trois jours que dure le Gaokao. Il s’agit, certes d’une méthode que l’on peut juger violente mais, comme par hasard, ce sont aussi ces pays-là qui réussissent le mieux économiquement et en termes d’insertion dans la vie professionnelle. Il faut réfléchir, mais il faut bien avoir tous les termes du problème aussi : on prend un cas fictif d’un bachelier techno, qui n’aurait eu aucune formation professionnelle de son choix, il/ elle s’est tourné vers la fac où il/ elle a obtenu un master de sciences humaines ou biologie. Il/elle a maintenant 23 ans et, n’ayant d’expérience réelle que dans la restauration rapide, se rend compte aujourd’hui que sa meilleure chance serait d’y devenir chef d’équipe, tout en passant les concours de catégorie B de la fonction publique. Il y a une forme de violence aussi à avoir laissé des jeunes se lancer dans des études longues en se disant que cela finira par payer, mais on ne sait pas trop comment.

Pour notre part, tout réfléchi, on va proposer dans la suite un examen couperet mais en cherchant un intermédiaire entre le système actuel et ce qui se pratique en Asie/Suisse. Pour deux raisons essentiellement :

  • On ne peut pas continuer comme cela dans ce système clientéliste qui nous fait reculer dans le concert mondial
  • Et c’est ainsi que l’on va financer, à l’euro l’euro les nouveaux dispositifs mis en place

 

Troisième assertion, « Il faut aller vers beaucoup plus d’apprentissage »

Corollaire souvent associé que nous traitons avec : « il y a des employeurs qui renoncent à embaucher car ils n’arrivent pas à recruter ». C’est un fait, mais cela concerne aussi souvent des métiers très durs :

  • soit physiquement, on pense spécialement à l’hôtellerie/restauration
  • soit avec des amplitudes de travail difficiles à assumer dans le long terme

Il faut des gens pour travailler dans ces secteurs, pour autant, cela ne doit pas non plus devenir un idéal sauf pour ceux réellement motivés par ce mode de vie. D’un côté on aurait donc l’apprenti pâtissier ou réceptionniste qui sait qu’il veut en faire son métier et, dans ce cas, cela rentre effectivement dans le cadre de la formation initiale. Et, d’autre part, le poste de manutentionnaire à Rungis, forcément « subi » et qui demande plus de l’endurance physique que telle ou telle formation. Pour ce type d’emplois, la solution n’est pas a priori du côté de la formation initiale mais, si on se réfère au point précédent, elle peut être indirecte. En effet si, d’une part, le chômage diminue fortement et que l’on se dote d’autre part d’une politique de limitation de l’immigration, les entreprises devront bien aussi offrir, même pour ces postes, des avantages (CE, mutuelle..), des salaires et des perspectives de carrière.

Si on se focalise ensuite sur l’apprentissage on a envie de dire que tout le monde est, évidemment, d’accord. Surtout, d’ailleurs, quand il s’agit des enfants des autres, car pour les siens on continue à privilégier le bac S. Cependant, ne croyons pas non plus tenir la panacée. En effet, la valeur, le « prix » des diplômes ne valent aussi que par leur rareté. C’est vrai notamment des professions médicales pour lesquelles on a carrément institué un numerus clausus. Mais ça l’est aussi pour des métiers comme employé de boucherie ou de poissonnerie. Si trop sont formés, les salaires vont un jour ou l’autre baisser dans ces métiers aussi.

Il y a donc, forcément, à promouvoir et développer beaucoup l’apprentissage mais en gardant cette proportionnalité entre ce qu’offre le marché et le nombre de jeunes que l’on peut former. Sinon, évidemment, on va juste envoyer plus de jeunes vers des voies de garage sans perspective, du coup, d’évoluer rapidement vers autre chose.

Et, comme on ne veut pas, à aucun moment, se payer de mots dans ce document, il faut affirmer bien fort ici qu’il ne vaut pas la peine de faire une réforme de l’enseignement si on ne met pas en place aussi une réforme d’ampleur de la formation professionnelle. La panacée, on l’a dit, n’existe pas et il y aura toujours des moments dans une vie professionnelle où les gens n’ont plus de perspective dans leur métier actuel. Il est donc fondamental que l’essentiel de l’effort de formation pro pour les adultes soit concentré vers les chômeurs et les gens qui vont entrer en reconversion.

Cf. sur ce point « comment limiter la dépense publique en France », partie 2, @ Serge Darré, où on traite spécifiquement des formations supérieure et professionnelle (Principes 14, 15, 16, 17)

 

Le document va s’attacher surtout à la scolarité entre la Maternelle (rapidement) et le lycée. Pour le supérieur Cf. ; propositions déjà faites dans « Les ressorts de la Vie économique au début du XXIè siècle » - vers une « Licence dure ».

 

III LES REFORMES

 

REFORME ZERO : CHASSER LES PEDAGOGISTES ET ANNULER LA LOI DE REFONDATION DE L’ECOLE

(Sauf ceux qui seraient de bonne foi, prêts à faire une autocritique publique et à retourner devant des élèves)

Pourtant, enseigner est un métier, pour lequel il faut être préparé. Mais, en même temps, ce qui compte c’est le programme et l’enseignant est censé bien le connaître. Et puis, dans le passé, on savait plutôt bien enseigner. Ce qui compte c’est d’aimer cela et de vouloir le partager avec les jeunes.

Donc on ne s’interdit pas d’avoir des enseignements spécifiques comme psychologie et des préparations comme « gérer son stress », « gérer les situations conflictuelles ». Mais sur les matières à enseigner, on y reviendra, chaque prof doit se faire sa propre religion, en se confrontant bien sûr à ses pairs.

C’est pourquoi on supprime l’enseignement des fausses sciences mais on introduit, en revanche, une nouvelle obligation pour l’Education Nationale et l’enseignement privé :

Tout enseignant, dans les 9 ans qui suivent sa prise de fonction comme titulaire, puis de 9 ans en 9 ans ensuite, aura l’obligation de suivre un enseignement de remise à niveau et de « pause » d’une durée d’un trimestre. Il s’agit :

  • d’une part de se tenir au courant des nouveautés pédagogiques (pas gistes d’accord ?)
  • d’autre part d’avoir une respiration et du recul par rapport à sa pratique quotidienne

Pour ce qui concerne la loi dite de « Refondation de l’école », on va essayer de rester poli. On dira seulement que deux dispositions au moins sont à dégager :

  • Possibilité pour les enfants de deux ans dans les quartiers « sensibles » d’entrer en maternelle ; cette disposition est une rupture du principe d’égalité et cela va nous aider à financer la réforme
  • Suppression des modifications absurdes (on est poli ?) des horaires de classe avec fin de la classe à 15h40, par exemple.

 

REFORME NO 1 : LE NOMBRE D’ELEVES PAR CLASSE

Selon les dires des enseignants, ne devrait pas excéder 25. Mais, on cite : « normalement 30 (nombre maximal) , mais si ce nombre est atteint et depassé l'academie n'accorde pa forcément un poste pour ouvrir une autre classe , il faut faire une demande et souvent il faut se "battre"(.parents d'eleves et enseignants !) pour obtenir ne serait ce qu'un demi poste» (LULUBELLE 1822)

On fait observer aussi que le nombre d’élèves moyen est moins élevé en zone rurale que dans les grandes agglomérations. Pour l’Education Nationale, cette question n’est pas importante, sauf en ZEP, à partir du moment où on n’a pas démontré qu’un nombre d’élèves moins élevé améliorait les résultats de l’ensemble. Pour le ministère de l’éducation cette statistique c’est le beurre plus le miel et la tartine : c’est ce qui va permettre de faire des économies de bouts de chandelle en « bourrant » les classes. Et comme la plupart décrocheront de toute façon le bac ; who cares ?

Mais on ne voit pas du tout les choses comme cela car, selon le récit des enseignants, moins d’élèves c’est très préférable d’un point de vue pédagogique. Et c’est ce qui nous importe.

Pour arriver à 25 élèves par classe VRAI, il faut donc viser moins. La loi imposera un maximum de 28 par classe, au-delà, obligation d’ouvrir une classe supplémentaire. Dans la même optique, le minimum, une fois les permutations faites, serait de 20 élèves. On peut donc avoir des classes de 20/21 élèves ce qui est encore mieux.

Exemple (fictif) dans un secteur à démographie soutenue, un collège a trois classes de cinquième ayant 27 élèves chacune. A la rentrée on anticipe 5 élèves supplémentaires. Si on ne fait rien, on aura 86 élèves et une moyenne de 29 par classe. Dans ce cas on ouvre une quatrième classe ce qui porte la moyenne à 21,5. C’est peu ? Non les 25 sont la norme mais on peut et doit faire mieux quand cela est possible. Une certaine souplesse reste possible, cas d’une école primaire ayant une moyenne globale de 23,8 élèves par classe, on pourra se passer de l’ouverture d’une classe de CM2 si « derrière » il y a moins d’enfants dans les classes antérieures.

 

REFORME NO 2 : PLUS D’AYATOLLAS NI GARDE CHIOURMES DANS LE PUBLIC

Dans le public, l’administration, de par la loi, n’aura pas son mot à dire sur le contenu du cours des professeurs. Ainsi on ne pourra plus reprocher à tel prof d’avoir eu l’outrecuidance d’enseigner le subjonctif en CM1 ou le théorème de Thalès en quatrième (c’était le programme officiel mais alignement par le bas oblige …).

Pour aller vers plus de convergence privé/public, la loi permet que l’enseignant donne des « exercices supplémentaires » que les élèves auront la possibilité mais non l’obligation de réaliser. Mais, s’ils les font cela pourra, évidemment, leur donner des points supplémentaires. Parallèlement, Cf. REFORME 1, vu qu’il y a moins d’élèves par classe, il pourra aussi donner des exercices de révision à ceux qui souffriraient de ne pas voir tout à fait les bases pour comprendre le cours du jour.

Le système de notation est à l’appréciation de l’enseignant – on peut donner des notes mais, dans ce contexte, l’administration peut effectivement suggérer une certaine harmonisation. Dans ce cas les profs de l’établissement votent pour le système retenu par niveau.

En revanche, pour rapprocher dans l’autre sens, on ne doit pas préparer au concours dès la sixième : chaque enseignant doit donner la moyenne, c’est-à-dire une note moyenne de la classe supérieure à 10/20. Et, concession aux pédagogistes, il/elle doit autant que possible donner des appréciations verbales positives et avoir un système de notation positif aussi (on gagne des points quand on fait des bonnes réponses et on n’est pas dans un système où on part de 10 pour se retrouver à zéro si on a fait 10 fautes). On peut cela va de soi avoir un système mixte avec l’obligation définie ici. La dispersion autour de la moyenne ne doit pas être importante non plus : interdiction de faire cours pour la moitié de la classe.

Le travail à la maison est possible, même en primaire, mais ne doit pas être long. Est à envisager comme un complément qui n’a pas vocation à être noté.

En règle générale, les enseignants doivent largement gagner en autonomie mais peuvent toujours, bien entendu, être inspectés par leurs pairs (inspecteurs).

 

REFORME NO 3 : REINTRODUIRE LES REDOUBLEMENTS COMME UN OUTIL

Là aussi des statistiques montrent que, etc… Mais on veut aller plus loin que les statistiques globales car il s’agit aussi du destin de chaque jeune pris individuellement. On est conscient aussi que ce n’est pas toujours la meilleure solution et que le dialogue doit être approfondi.

Ce que l’on préconise : deux redoublements sont possibles : l’un dans le cycle primaire, l’autre dans le cycle secondaire. Pas une innovation majeure ? A voire.

En effet, si le redoublement reste possible, dans ces conditions, à l’initiative des parents, il peut aussi l’être de nouveau à l’initiative des enseignants. Dans ce cas, il peut continuer à être refusé par les parents mais, c’est là que l’innovation n’est pas si petite, il redevient un outil de dialogue. En effet, l’élève assez tôt dans l’année si possible, puis les parents, sont informés que le niveau d’acquisition des connaissances n’est pas celui du reste de la classe. Cela pourra et devra conduire, si répétition avec les années, à envisager ou le redoublement ou l’orientation vers une filière autre que générale.

 

REFORME NO 4 : AUGMENTER LE SALAIRE DES ENSEIGNANTS (ET LA DISCIPLINE)

L’OCDE a clairement montré que les salaires des enseignants français étaient parmi les plus bas pas seulement relativement mais aussi dans l’absolu, inférieurs par exemple à ceux des espagnols. Or le métier ne doit pas attirer que ceux qui font cela par passion ou parce qu’ils ne sentent pas capables de faire autre chose. En outre, en partie pour cette raison il est déjà difficile de recruter :

Le Monde 30 mai 2016 « Le gouvernement a fixé dès 2012 un calendrier précis des créations de postes dans l'enseignement scolaire : 4 326 emplois supplémentaires créés en urgence à la rentrée 2012, puis entre 8 800 et 11 700 postes par an de 2013 à 2017. Année après année, les budgets ont bien prévu les crédits correspondants à ces recrutements. Sauf que les candidats n'ont pas toujours été au rendez-vous. En 2013, 43 % des postes n'ont pas été pourvus. Les deux exercices suivants ont été meilleurs, mais n'ont pas permis de combler ce retard, même en partie : »

 

Des concours spéciaux ont dû être organisés dans l’académie de Créteil avec un niveau d’exigence sans doute pas bien élevé. Enseigner dans cette académie étant plus difficile qu’ailleurs, on ajoute le volet discipline « à l’ancienne » car l’enseignant doit pouvoir faire classe sans crainte pour son intégrité.

 

Pour aller vite, on reprend ci-dessous ce que l’on avait proposé dans le document « comment limiter la dépense publique en France V2 » @S. Darré : « Il y a tout de même la proposition de Nicolas Sarkozy « d’enseignants moins nombreux mais mieux rémunérés » qui peut paraître très exagérée : cela ne permettra pas de réduire fortement le nombre d’enseignants, mais tout de même, un peu oui. Et quelques pourcents c’est déjà des dizaines de milliers de postes et l’objectif, d’autre part, d’augmenter leurs rémunérations est vertueux. On est obligé d’autre part de constater qu’il n’existe pas d’autre profession ayant 18 semaines de congés, sans que cela soit en rien inscrit définitivement dans les textes. On propose que soient définis 4 types de contrats à partir de secondaire, y compris pour les enseignants du privé :

  • Contrat No 1 : inchangé, privilégient les vacances avec leurs enfants ou ne se sentent pas capables de faire plus
  • Contrat No 2 : acceptent en outre de ne suivre des formations que pendant les vacances scolaires, s’engagent sur deux semaines par an de soutien scolaire pendant les vacances et sur 24 heures par an de formation à des adultes, si on les appelle. Ce contrat leur garantit un sursalaire d’au moins 12%.
  • Contrat No 3 : acceptent de prendre une classe de plus, éventuellement dans une autre matière. Ce contrat leur garantit un sursalaire d’au moins 18%.
  • Contrat No 4 : acceptent les obligations des contrats 2 et 3. Ce contrat leur garantit un sursalaire d’au moins 25%.

A noter que ces dispositions ne seraient pas réservées aux seuls profs de maths et physique. Tous les volontaires y auraient accès, au besoin en enseignant des matières qui ne sont pas les leurs. »

Bien noter aussi, on n’a pas encore abordé directement la question du financement, cette mesure devrait se financer toute seule car on en attend effectivement une baisse du nombre global d’enseignants.

 

 

REFORME NO 5 : ON PEUT DE NOUVEAU DEVENIR PROFESSEUR APRES UNE LICENCE

Une fois débarrassé de la secte des pédagogistes, comme on l’a vu, pas de nécessité d’un Master 2. Mais cela resterait possible aussi pour ceux qui ont tardé à avoir la vocation ou qui s’estimeraient encore trop jeunes.

Mais, pour ceux suffisamment motivés, ils pourront se présenter après la licence. Ils devront passer des entretiens pour vérifier la motivation puis des mises en situation professionnelle. A partir de là, ils pourront démarrer comme professeur stagiaire sous la coupe d’un « bon maître » et devenir titulaire au bout de 15 mois.

 

 

REFORME NO 6 : PAS PLUS DE QUATRE ENSEIGNANTS AU NIVEAU DU COLLEGE

La situation, à l’heure actuelle est la suivante : les élèves passent d’un (parfois 2) enseignants au niveau du cycle primaire à sept au moins à partir de la sixième, ce nombre augmentant au fil des années avec l’ajout de la physique, la deuxième langue … Du coup, aussi, certains enseignants ayant seulement une ou deux heures de cours par classe (ex. technologie) ont à gérer jusqu’à plusieurs centaines d’élèves. Ils les connaissent, de fait, beaucoup moins. L’élève passe donc d’une relation presque personnelle avec le prof à un système où, vis-à-vis de certains, il est soumis à un système d’appréciation qui peut lui sembler aléatoire.

Les quatre Blocs d’Enseignement, de la sixième à la troisième, seraient identiques dans tout le pays car il y des mutations, sauf dérogations à la marge dans certaines académies. Ce pourrait être :

  • BE1 : français, histoire
  • BE2 : maths, informatique, technologie
  • BE3 : LV1 & LV2
  • BE4 : SVT, physique, chimie

 

Que deviennent les autres matières ? Pour la géographie, on ne sait pas bien, ce pourrait être une décision académique pour rattachement au Bloc 1 (déjà pas mal chargé) ou 4, on insisterait alors plutôt sur la géographie physique, peut être évolutif aussi. L’ancienne éducation civique, dont le nom change à peu près tous les deux ans, sera dans le Bloc 1. La musique ? On pense que cet enseignement, au niveau du collège, ne sert absolument à rien. Il en est de même pour les arts plastiques, sous leur forme actuelle, mais pourrait être maintenus dans le bloc 4, seulement en sixième. L’enseignement d’histoire de l’art en troisième sera dans le bloc 1. L’EPS reste obligatoire sauf dérogation individuelle spéciale. On y revient par la suite.

 

Les enseignants ayant 52 ans ou plus (retraite théorique à 62 ans) continueront, sauf choix de leur part, à enseigner la même discipline « comme avant ». Tous les autres pourront, s’ils le souhaitent, accéder à une année de formation dans la/les discipline qui n’est pas leur fort. Ceux qui accepteront de basculer sans cette formation recevront quatre mois de salaire en compensation.

 

 

REFORME NO 7 : LES ELEVES ONT DROIT A 36 SEMAINES D’ENSEIGNEMENT PAR AN

La suppression de l’école le samedi puis la réforme des rythmes scolaires étaient un savant mélange de démagogie pour faire plaisir aux parents, concession aux pédagogistes pour ce qui concerne les rythmes de l’enfant, aménagement des vacances pour la réussite de la saison de ski, on en oublie.

Mais des considérations d’enseignement ? De quoi parlez-vous ?

Pour les autres pays, notamment hors d’Europe, le nombre de jours de cours (ou de vacances) apparaît juste comme une aberration. Cette année scolaire très courte, finalement, est aussi une source de difficultés pour les élèves issus des milieux défavorisés, car, de fait, on prend moins le temps et on répète moins.

 

Ce droit impliquerait certes de réduire (à 12 jours ?) les vacances de la Toussaint et d’hiver. Par ailleurs, se pose la question des cours supprimés en fin d’année pour cause d’examens. Là où ce sont les locaux qui manquent, les départements ou régions devront en trouver d’autres ; ce n’est pas une tâche insurmontable. Et quant à la disposition des enseignants qui corrigent les épreuves, on a vu que certains devraient accepter de travailler plus. Au pire, si l’enseignant ne peut être là en personne, il pourrait laisser la place à un remplaçant, étudiant ou autre prof, pour assurer quand même un enseignement. Dans ce cas, bien sûr, ce serait l’occasion de travailler sur des révisions, si possible sous une forme plus ludique ou décontractée. Ou bien au contraire faire des approfondissements en douceur ? Mais toujours sous la responsabilité du professeur.

 

Ce nouveau droit s’appliquera du CP à la classe de Première, sauf années du brevet et du bac.

Si un enseignant va être absent deux semaines ou plus, une solution de remplacement doit être trouvée sans délai, ce peut être un autre enseignant ou filmer le cours d’un confrère (Cf. plus loin).

D’autre part, sont organisés dans chaque établissement deux stages de pré rentrée de 4 jours en août et février. Tous les enfants qui le souhaitent y ont droit mais, en revanche, pas forcément dans la matière de leur choix, le chef d’établissement faisant avec ce qu’il a (Cf. Réforme No 4).

 

 

REFORME NO 8 : LES ETABLISSEMENTS SONT TOUS DOTES DE MOYENS TELECOMS ET INFORMATIQUES PERFORMANTS

On a évoqué la possibilité, au lycée, de disposer de la vidéo, que ce soit pour se préparer aux entretiens ou monter des petits films. Cette possibilité doit être réelle, c’est-à-dire que tous y ont accès, avec l’encadrant qui va bien.

D’autre part, on veut développer le téléenseignement, dans la perspective, notamment d’enseignements personnalisés. A cet effet, il existe des salles avec cloisons amovibles, permettant à plusieurs élèves (huit par classe physique ?) de suivre des enseignements différents au même moment. Ces salles sont, bien sûr équipées d’équipements de visiophonie.

 

Sont installées également des solutions collaboratives permettant, par exemple à des élèves ou profs de travailler ensemble sur un même document.

L’enseignement de la deuxième langue, pour commencer, devient dès lors beaucoup plus riche, à savoir que les élèves « autonomes » peuvent accéder, sur leur demande, d’office aux langues suivantes : espagnol, allemand, italien et, selon leur origine et/ou le pays où ils ont vécu aussi à : portugais, arabe du Golfe, russe, chinois, vietnamien, kabyle, turc. Soit 10 langues au total.

Les langues ne seraient qu’une première étape, à partir du moment où se met en place le téléenseignement, on peut évidemment imaginer des applications dans d’autres matières. Mais on y reviendra.

 

Dans certains établissements, avec les 25 élèves par classe aussi, on a conscience qu’il faudra « pousser les murs », cela pourra se faire aussi en louant ou acquérant des mètres carrés à l’extérieur de l’école.

 

REFORME NO 9 : LES ACTIVITES D’EVEIL ET ENRICHISSEMENT PERSONNEL PLACEES EN DEHORS DES HEURES DE COURS

On a déjà abordé la discipline musique au collège. Ce n’était qu’un exemple, de manière générale. Tandis que l’on observait le niveau en français « plonger » on n’a cessé de créer des pseudos enseignements qui venaient empiéter sur les matières fondamentales ou, si on voulait en supprimer, il fallait faire avec les « acquis ». Par ailleurs l’enseignement d’EPS est ridicule : le temps que les élèves fassent le déplacement et se changent et il est parfois déjà temps d’envisager le retour dans l’établissement, d’ailleurs, peur des accidents ? La séance de gym n’en est parfois même pas une.

Pour redonner ses chances au français et aux matières fondamentales, il faut donc en passer par un découplage complet, rappelant que l’enseignement du premier est passé, lentement mais sûrement de 6 à 4 heures par semaine dans le primaire. Certes, pour les enseignants du primaire, ce sera moins valorisant que de faire chanter sa classe. Mais il faut en passer par là. En outre, chaque enseignant devra de toute façon participer à une demi-journée d’éveil, simplement, pas avec sa classe habituelle.

 

Tous les enfants d’une ville, maternelle mise à part pour laquelle on ne change rien, auront des activités extra scolaires en même temps. Cela va certes, coûter plus cher mais on pourra compter sur le bénévolat des parents qui devront être pleinement associés. On prévoit, d’ailleurs, que la loi donne à tout parent impliqué trois demi-journées de RTT supplémentaires spécifiquement à prendre pour cela. Pour les mamans qui ont arrêté le travail pour s’occuper de leurs enfants et participent aussi, on envisage une allocation annuelle de 900 euros. On imagine bien aussi que, dès lors que l’enseignement de la musique est piloté par les conservatoires (là où il y en a) ceux-ci vont devoir aussi « pousser les murs » et changer leurs méthodes pour passer, par exemple, de cours individuels à des cours de 6 élèves. On n’impose pas non plus que les profs soient tous des titulaires. Par ailleurs, il faut aussi des parents et/ou des enseignants et/ou des animateurs pour conduire les enfants d’une activité à l’autre, en groupes. En sport/musique/arts on a aussi le droit de gérer les jeunes par niveaux, par exemple compétition v loisir.

 

Les cycles concernés pour lisser la charge des conservatoires, installations sportives et d’éveil sont :

  • Cycle 1 : CP, CE1, CE2
  • Cycle 2 : CM1, CM2, Sixième
  • Cycle 3 : cinquième, quatrième, troisième

 

Les temps scolaires hebdomadaires deviennent dès lors :

 

 

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

Samedi

H. cours

 

Matin

AM

Matin

AM

Matin

AM

Matin

AM

Matin

AM

Matin

 

Cycle 1

Cours

Cours

Cours

Eveil

Eveil

Cours

Cours

Repos

Cours

Cours

Cours

24

Cycle 2

Cours

Cours

Cours

Cours

Eveil

Eveil

Repos

Cours

Cours

Cours

Cours

24

Cycle 3

Cours

Cours

Cours

Cours

Repos

Eveil

Eveil

Cours

Cours

Cours

Cours

24

 

On vérifie que les heures d’enseignement repassent à 24 heures par semaine, ce qui permet, au moins pour le cycle 1, de redonner 6 heures de français. On pourrait descendre très légèrement en accordant un samedi par mois.

 

CONTENU DES ACTIVITES D’EVEIL ET ENRICHISSEMENT PERSONNEL

 

Ces temps en dehors de la classe ne sont pas non plus le centre de loisirs d’aujourd’hui, ni non plus seulement la musique et le sport.

On imagine que les compétences suivantes sont à y acquérir au minimum, en « best effort » on peut « redoubler » une fois mais on n’est pas obligé à toute force de réussir :

1 sport

Savoir nager (brevet 25m), courir : notion de gestion de l’effort, d’échauffement, d’endurance, marche rapide, faire du vélo, patiner, notion de sport collectif où apprennent à utiliser les compétences de chacun

 

2 musique

Savoir chanter (juste ?) seul et en groupe, notion de rythme (percussions), savoir exécuter une danse traditionnelle ou de salon, l’initiation à un instrument souhaitable mais pas obligatoire

 

3 arts plastiques

Savoir dessiner, faire des écritures stylisées, peindre en jouant sur les couleurs, faire des découpages et des collages, notion de relief avec création collective d’une « ville en papier »

 

4 autres compétences

Incluent notamment le secourisme et la sécurité routière, orientation : savoir lire une boussole et un plan

 

5 autres à définir

Au plan local si savoir-faire local particulier (métiers de la banque à Neuilly s/Seine ?), plus sérieusement, ou pas ? Cela peut aussi être l’apprentissage de jeux de société comme le tarot ou le bridge, ou de la rhétorique

 

Le temps pour développer des compétences individuelles viendra évidemment  après l’acquisition de ces compétences communes. Les mairies sont très impliquées dans les locaux à mettre à disposition et les emplois du temps, y compris, bien sûr, jusqu’à la fin du collège.

 

Les lycées ne sont pas laissés de côté. En cycle 4, les jeudis matin & après-midi y sont réservés aux activités et le mercredi après-midi est de repos. Simplement, les activités n’y sont pas organisées par la mairie mais, plus ou moins, par les lycéens eux-mêmes, avec l’obligation de faire 2 fois 75 minutes d’activité sportive. Pour le reste, c’est plus libre avec obligation toutefois d’utiliser des associations agréées au niveau départemental.

 

On précise aussi que, comme c’est le cas pour les associations hors milieu scolaire, une participation reste demandée aux parents. Pour ceux qui ne voudraient pas ou ne pourraient pas payer du tout, des activités a minima restent organisées par les établissements.

 

 

REFORME NO 10 : UNE DEMI-JOURNEE PAR SEMAINE CONSACREE A DES ENSEIGNEMENTS A OPTION

Ceci serait seulement à partir du CM2 et concerne plus spécialement les cycles 2 et 3. Si on suppose un collège qui a cinq classes les 3 heures de cours pourraient être réparties comme suit :

  • pour l’équivalent de deux classes des élèves ayant plus de difficultés, cours de soutien dans les matières fondamentales
  • pour l’équivalent d’une classe d’élèves dans la moyenne : cours d’approfondissements légers de ces mêmes matières
  • pour l’équivalent de deux classes des élèves ayant plus de facilités, auront droit à des cours supplémentaires, non au programme.

 

Comment seront définis ces cours supplémentaires ? Par l’équipe pédagogique, de façon essentiellement décentralisée, sur la base de projets des enseignants de l’établissement. Précisant au passage que ceux-ci ne pourront pas non plus enseigner seulement aux meilleurs, ils devront assurer une vacation sur deux avec le groupe 1. D’autre part l’enseignement ne doit pas être une anticipation de l’année suivante ni du bachotage. Cela doit être original. Exemples : histoire médiévale, astronomie et découvertes en mathématiques, atelier théâtre, latin, diététique … Si trop d’enseignants sont volontaires pour ces cours d’appoint, le chef d’établissement découpera l’année en deux. On prévoit qu’après une phase initiale de quatre ans où « 100 écoles rivalisent et 100 fleurs s’épanouissent», un catalogue soit établi au niveau national définissant entre 30 et 40 de ces modules, issus de l’expérience du terrain et respectant les 4 blocs d’enseignement et, surtout, définissant à quel âge ils doivent être suivis pour qu’un même élève ne suive pas le même trois ans de suite au cours de sa scolarité. Le catalogue définira les grandes lignes qui restent adaptables au plan local.

 

Revenant sur le téléenseignement qui permet vraiment tout, on prévoit aussi qu’au maximum les 5% des élèves les plus doués (on l’a dit) suivent des cours définis au niveau national. Ces enseignements pourront être une troisième langue ou, pour le coup, en anticipation, ce qui permettrait aux élèves surdoués de ne pas être obligés de sauter des classes.

Ces enseignements à option sont maintenus en classe de seconde.

 

 

REFORME NO 11 : UNE PRE ORIENTATION EN FIN DE TROISIEME

Comme on l’a annoncé, on va vers des examens couperets pour donner une chance à la France de s’approcher des meilleurs. A cet, effet, on prévoit dès maintenant que les lycées technologiques et professionnels n’ont pas cet examen. Les jeunes peuvent y suivre une scolarité sereine de la seconde à la terminale.

Une première orientation est donc à effectuer dès la troisième, le deal pour chaque jeune étant :

  • soit se diriger vers une filière à vocation professionnelle et avoir cette certitude d’échapper au couperet
  • soit préférer la filière générale et commencer dès lors à se préparer à ce que tous n’accéderont pas aux études supérieures

 

La « sélection » se fera tout d’abord par un dialogue avec les parents et si les exigences de ceux-ci sont manifestement sur dimensionnées, par application de la confrontation entre la moyenne de la classe et celle de l’élève. Les élèves, pour leur part, ayant été informés vers mars de la classe de quatrième du processus qui s’ouvre devant eux avec présentation par le prof principal, brochure papier, site internet et FAQ.

Cette réforme oblige, évidemment, à augmenter l’offre en sections professionnelles. On prévoit aussi que le choix ne soit pas forcément définitif : en fin de seconde, 10% au maximum d’une classe techno ou pro peut être admise à revenir vers la filière générale, éventuellement en redoublant cette classe. Et, dans l’autre sens, un changement d’orientation depuis le général est possible au même moment. On prévoit dès lors que la seconde technologique reste encore assez généraliste et avec un niveau d’exigence qui reste relativement élevé.

 

Le Brevet des Collèges est maintenu et même réhabilité. Il porte sur trois épreuves dans les 3 Blocs d’enseignement 1, 2 et 4. On peut le donner à tout le monde ou pas, en tout état de cause, chaque élève aura le relevé de ses notes et de celles du département.

 

Est-ce à dire que les bacs technos n’auront plus accès à l’université ? A priori, en précisant qu’ils doivent maintenant devenir plus que prioritaires pour les BTS et les DUT, oui, sauf après ce diplôme. Mais des passerelles pourraient exister pour des jeunes sûrs de l’orientation qu’ils entendent désormais prendre. Dans ces cas, limités, existeront des classes prépas d’une année pour les mettre au niveau des sections générales. BTS et DUT (qui sont universitaires) auront l’obligation d’accueillir au moins 72% d’élèves de l’enseignement techno.

 

REFORME NO 12 : UN EQUIVALENT DU GAO KAO EN FIN DE CLASSE DE PREMIERE

La classe de première en lycée général reste plutôt générale avec une ou deux options. Dès la seconde, donc, les élèves préparent l’examen qui va déterminer s’ils/elles peuvent accéder à l’université ou aux classes préparatoires aux GE. Disons les choses clairement, cet examen n’est évidemment pas une simple formalité ; on prévoit que seuls 45% des élèves puissent être admis.

Comment détermine-t-on ce taux de 45% ? C’est, on fait ici une concession aux « égalitaristes », par rapport au lycée de l’élève. Donc les lycées les moins bons sont avantagés et, du coup, les parents hésiteront évidement moins à y inscrire leurs enfants, peut-être même le contraire ? On ne tient pas compte, d’autre part, du fait que le lycée est public ou privé. Le Gao Kao à la française inclue une épreuve orale. Des installations pour s’y préparer sont à la disposition de chacun, Cf. réforme 8. D’autre part, en seconde, un enseignement de méthodologie est obligatoire au titre d’activité d’éveil obligatoire.

 

Pourquoi seulement 45% alors qu’à Shanghai et à Séoul c’est 50% ? C’est que, toujours au niveau de l’établissement, ceux qui n’ont pas franchi la barrière scolaire mais ont eu la moyenne ou très proche, peuvent se voire donner une chance aussi à hauteur de 12% au maximum de l’effectif. Chaque établissement secondaire, outre les conseillers d’orientation « traditionnels » doit embaucher au moins un « découvreur de talents » qui a à connaître du para scolaire de chacun des lycéens. Le critère pour être admissible à l’université au titre de la liste complémentaire est de s’être distingué :

  • soit en sport
  • soit en musique
  • soit en aidant le secteur associatif, voire politique
  • soit en ayant développé une autre compétence comme une troisième langue ou langage informatique
  • soit en étant très fort dans l’une des matières fondamentales
  • soit en s’étant fait connaitre pour toute autre bonne raison

 

Le découvreur de talents soumet, pendant l’année de terminale, les dossiers d’au plus 16% des élèves, volontaires, à une commission départementale qui déterminera la liste définitive, de sorte que, sauf contexte local particulier, le nombre de jeunes admis à l’université soit au final compris entre 54 et 56%. Les critères de « rattrapage » doivent à l’évidence être variés en pourcentage.

Ceux qui auront été repêchés à partir d’une seule matière forte auraient évidement vocation à s’inscrire à l’université dans cette matière.

 

 

REFORME NO 13 : UNE TERMINALE A DEUX VITESSES DANS L’ENSEIGNEMENT GENERAL

Tous les élèves (la classe de première étant la seule qu’on ne peut pas redoubler) ont vocation à continuer en terminale. Le bac n’étant plus un examen mais un contrôle continu le taux de réussite reste au-dessus de 90%, mais à condition quand même que l’élève ait continué à faire preuve d’une certaine assiduité.

 

Pour les 45% ayant passé le « cut » cette année devient en quelque sorte une classe pré préparatoire. L’élève choisit dès lors une section parmi :

  • Lettres et langues
  • Sciences éco, gestion, histoire
  • préparation aux études médicales et psycho sociales
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Dans les plus grands lycées, (plus de 800 élèves ?) d’autres sections seraient possibles également. Quelle serait la répartition des effectifs ? En gros, dans les lycées à 5 classes, on a déjà un peu la réponse. Par ailleurs, on tiendra compte à la fois du souhait de l’élève, de ses notes à l’examen et de son dossier scolaire, les classes pouvant avoir, on le rappelle, un effectif compris entre 21 et 27 élèves.

 

Que vont faire les 55% autres ? En réalité, il leur est demandé de s’inscrire dans les mêmes sections. Simplement, ils auront moins d’heures d’enseignement théorique, ce qui veut dire que les professeurs doivent aussi s’adapter avec des approfondissements pour seulement la moitié de la classe.

En effet reprenant le modèle des cycles 1 à 4, ces élèves méritants mais n’ayant pas réussi l’examen n’ont plus cours le samedi et sont en outre disponibles pour une initiation professionnelle un jour par semaine.

 

Que vont-ils faire au titre de cette initiation professionnelle ? Deux cas sont prévus : soit l’élève a trouvé par lui-même un employeur, par exemple dans le commerce ou les services, soit il/elle n’a pas trouvé. Dans ce cas, c’est la collectivité locale, en général la mairie avec l’administration du lycée, qui lui assigne une mission, par exemple, service dans les cantines, ou auprès des seniors ou en tant qu’animateur dans les écoles, etc… Les grandes entreprises de réseau comme EDF, Orange, SFR … sont sollicitées aussi pour une aide à leurs travaux de maintenance ou supervision. Elles y trouveront aussi matière à repérer des profils qui les intéresseraient L’élève obtiendra aussi le bac, ne donnant pas immédiatement accès au supérieur, mais avec mention de la première expérience professionnelle qu’il/elle a pu acquérir.

Cette année peut être redoublée sous réserve de la limite par cycle, ce qui peut vouloir dire choix pour un changement de cursus pour le groupe 1, En revanche, pour le groupe 2 ce serait seulement pour obtenir le bac.

Se pose ensuite la question des élèves n’ayant pas réussi l’examen mais dont on est presque sûr qu’ils seront repêchés, par exemple champion départemental en natation ou n’ayant jamais eu moins de 16/20 en physique-chimie. Sous réserve qu’ils fassent des efforts en terminale, le découvreur de talents peut soumettre des dossiers dès le mois d’octobre, par exemple, avec validation immédiate de la commission départementale. En ce cas, ils n’ont plus à effectuer une journée de pratique professionnelle mais intègrent le groupe 1 en cours d’année. Le professeur doit leur fournir les cours d’approfondissement qu’ils n’ont pas pu suivre. Il est souhaitable qu’existent aussi des facilités de rattrapage comme cours supplémentaires, mais ce n’est pas une obligation car tous auront leur place à l’université ou en classe prépa.

De même ceux qui ne rejoignent les » admissibles à l’université » qu’au dernier moment, en juin par exemple, auront un bagage inférieur du fait des approfondissements manqués mais auront aussi toutes leurs chances puisqu’on suppose qu’ils ont aussi d’autres compétences comme capacité de concentration, de gestion du stress...

 

 

LA PROBLEMATIQUE DE CEUX POUR QUI CELA S’ARRETE LA

 

On a en réalité deux types de populations pour ces détenteurs du bac :

  • ceux de l’enseignement technologique dont le dossier n’a pas été accepté en BTS ou DUT
  • ceux de l’enseignement général qui n’ont pas atteint le niveau pour être admis à l’université

On ne traite donc pas ici du cas des décrocheurs ou élèves en échec qui existent déjà aujourd’hui.

 

Pour ces jeunes, la première solution, comme aujourd’hui, est d’avoir des parents prêts à mettre la main au portefeuille et financer des BTS privés ou des écoles de commerce. En quelque sorte, rien ne change car la non acceptation à l’université n’interdit pas de chercher des solutions par ailleurs, pourvu aussi que ces établissements privés aient les accréditations pour les diplômes qu’ils délivrent.

 

Les autres ont le droit de s’inscrire à Pôle Emploi à partir du mois de septembre qui suit. Ils ont évidemment l’obligation de chercher aussi un emploi sauf projet personnel autre qui reporte cette inscription. Ils touchent dès lors une allocation de 600 euros par mois pendant 12 mois. Suivant le même document « comment limiter la dépense publique en France », partie 2, @ Serge Darré, où on traite spécifiquement des formations supérieure et professionnelle, l’administration a alors 9 mois, soit au plus tard en mai de l’année suivante, pour leur proposer une formation professionnelle de 6 à 18 mois en fonction des besoins locaux. S’ils la refusent, une formation alternative ou forme de « stage parking » dans une collectivité locale ou un recrutement en CDD dans l’armée ou la police doit leur être proposé. S’ils refusent également cette solution et en tout cas à l’issue de de la formation effectuée, l’Education Nationale et la collectivité en général n’a plus d’autre obligation envers eux.

 

C’est dur ? C’est cohérent, et, en tout cas, ce n’est pas plus absurde que de laisser des centaines de milliers de jeunes végéter en fac tout en travaillant pour payer leur subsistance. On estime qu’au moins  34% des étudiants en fac ont de nos jours un emploi en parallèle (source 0VE).

 

La question qui se pose aussi est de savoir : est-ce vraiment fini pour ceux qui ont eu le bac et ont réussi leur insertion professionnelle, en termes d’accès au supérieur ? On souhaite que non, évidement et on prévoit d’instituer, sans détailler ici, une procédure qui a déjà existé qui concernait les « adoptés ». Les grandes entreprises (plus d’un milliard de CA annuel) et administrations auraient l’obligation de financer et aider un certain nombre de jeunes chaque année à « revenir sur les bancs de l’école » (le supérieur en l’occurrence). Ils devraient le faire pour leurs salariés à hauteur de 70% et des salariés de PME ou associations sans liens capitalistiques à hauteur de 30%. Les jeunes, outre leurs qualités professionnelles, auraient à montrer qu’ils ont continué une forme de cursus scolaire par eux-mêmes (notamment CNAM et CNED). Cette obligation pourrait concerner 50 000 jeunes par an. Resterait à savoir si, comme dans l’administration, ces jeunes doivent alors des années à leur sponsor ou non.

 

 

 

 

@ Serge Darré – mai 2017

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numérique;culpabilisé;apprentisssage;savoir;transmission;pédagogiste;fausse;science;priorité;PISA;

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