Pour un développement des économies iliennes

(Application à la région Caraïbes)

 

  1. I.                    État des lieux

Les grandes grèves de la Guadeloupe en 2009 qui ont duré 44 jours dans un climat quasi insurrectionnel ont montré les maux dont souffrent les économies de ces régions. Ainsi ont été dénoncés les monopoles de certains distributeurs accusés de faire des super profits. Il n’en est pourtant rien, d’une certaine manière, car les quelques groupes qui prospèrent sont les seuls, historiquement au moins, capables de survivre dans un environnement très difficile. Les manifestants, corolaire de prix très élevés, contestaient aussi des salaires évidemment très bas.

Ainsi, suivant le Rapport du sénateur Jean-Paul Virapoullé remis à Monsieur le Premier Ministre le 12 mars 2003

1. Les coûts de transport sont énormes, cité dans le rapport : « A titre de comparaison, les portes conteneurs se dirigeant vers les USA emportent environ 7000 conteneurs contre 1000 pour la Martinique. Aucun navire ne revient jamais à vide, ce qui n’est pas du tout le cas pour les quatre DOM. Nous pouvons dire que plus la distance augmente, plus les paramètres se dégradent. L’annexe n° 2 page 104 illustre l’ensemble des intervenants de la chaîne logistique maritime import entre l’Europe et un DOM. Ainsi, le coût du transport d’un conteneur de métropole vers la Réunion correspond au coût du transport par camion sur une distance de 58 000 km »

2. des facteurs physiques sont aussi défavorables : ouragans, éruptions volcaniques, relief, tremblements de terre … malgré le climat on n’est pas forcément au paradis

3. Marchés tout petits à l’échelle globale et, ce qui est plus grave, pas du tout intégrés – il n’y a pas exemple, pas spécialement de commerce entre les îles françaises de la Guadeloupe et la Martinique, pas plus, d’ailleurs qu’entre la Corse et la Sardaigne

4. Conséquence de ce qui vient d’être dit mais cause aussi, on ne trouve pas non plus les bonnes ressources en main d’œuvre

Il est donc très difficile d’y grandir pour les entreprises locales et de justifier un investissement pour les groupes du reste du monde.

S’ajoute à cela, on le traite pour ne plus avoir à y revenir, un contexte très spécial, disons aberrant, des DOM français ; une fonction publique pléthorique : 40% de la population active contre 23% en métropole. Cette FP bénéficie en outre, pour une partie des cadres, de sursalaires, expliquant que l’on y achète essentiellement des produits de là-bas. Du fait de ce double effet : pouvoir d’achat élevé de certains et approvisionnement unique + coût du transport, les prix des produits en rayons des supermarchés à la Réunion sont doubles de ceux de la métropole. Autre comparaison de notre cru, la Guyane française fait 10 fois plus de commerce avec la métropole qui est à 8 000 kms qu’avec le Brésil voisin. On y ajoute un niveau de prestations sociales extrêmement élevé pour la région et qui bénéficie du coup le plus souvent à … des haïtiens et autres brésiliens immigrés. Mais voilà, ce qui va nous intéresser ensuite, c’est le cas général.

Le système de l’Octroi de Mer

Dit autrement, il s’agit de taxes à l’importation destinées, dans les DOM, en théorie à couvrir la différence de compétitivité entre les produits locaux et importés. Est de fait, aussi une nécessité pour les finances publiques quand la base imposable est très restreinte. Cela a toujours existé dans les économies moins développées.

Champ d’application

Les Antilles ne sont pas, par ailleurs, la seule zone géographique où il y a des très nombreuses îles pas trop distantes les unes des autres. Trois pays, en particulier comportent au moins quelques centaines d’îles : il s’agit des Philippines, la Grèce et l’Indonésie (20 000). On ne traitera pas ici de solutions pour ces pays là, considérant qu’il s’agit de pays unifiés, dotés d’un centre capable de rayonner sur ses périphéries : région de Manille, partie continentale de la Grèce et île de Java. Même si, évidemment, le niveau de développement d’une île à l’autre est en fait très inégal … Ce qu’on cherche pour notre part c’est la mise en place d’un système de coopération entre égaux, ou tout du moins considérés comme tels, prêts à faire des concessions pour un projet commun. En revanche, ce que l’on va préconiser pourrait s’appliquer à une zone comme les trois Guyanes ou les pays d’Amérique Centrale.

On s’intéresse ensuite à Porto Rico, Puerto Rico en anglais et espagnol. C’est l’économie la plus productive de toute l’Amérique latine, à partir, notamment, d’une base industrielle qui a été facilitée par l’exemption de droits de douanes sur tous les produits en direction des USA, aujourd’hui inopérante car d’autres pays de la région en bénéficient aussi. Porto Rico pourrait être le 51é État de l’Union car ses citoyens ont des passeports étasuniens, donc partie des États-Unis et cependant non reconnu comme tel par le Congrès pour des raisons essentiellement électorales (les démocrates gagneraient d’un seul coup d’un seul un avantage d’un million d’électeurs supplémentaires). Bref on est « comme aux US » dans la gestion des entreprises, par exemple et cependant, pas comme en Mainland pour certains aspects :

  • Revenu par tête qui le situe effectivement à la 51ième place
  • Taux de chômage élevé : supérieur à 13%
  • Taux de pauvreté très important à 45% de la population

Porto/Puerto Rico réalise 90% de ses exportations à destination de Mainland USA et importe aussi presque tout (le reste étant de la transformation) du pays (ça ne vous rappelle rien ?). Autrement dit, même avec des aides massives comme des exemptions fiscales, une économie ilienne peut s’en sortir mieux que ses voisins mais ne perdra pas pour autant ses caractères distinctifs.

On s’intéresse ensuite à Cuba, dont les dirigeants nous disent qu’ils resteront extrêmement pauvres tant qu’ils seront pris dans l’étau de l’embargo US. On est donc ici dans l’économie ilienne – ilienne, c'est-à-dire isolement quasi complet. Tout le monde reconnait aussi qu’en termes d’IDH (Indice de Développement Humain), Cuba est très au-dessus de son revenu par tête, essentiellement car le niveau d’éducation est très supérieur aussi (en comparaison, par exemple d’Haïti et Saint Domingue). On ne veut pas ici entrer dans des polémiques mais le gouvernement cubain a aussi été incapable de faire face à la perte de ses deux principales ressources d’exportation : le tourisme après la révolution de 1959 et le sucre à partir des années quatre-vingt-dix. Toujours sans polémique, disons aussi que le fait de ne pas avoir le droit de commercer en dollars US interdit l’accès au système financier international. Et, en même temps, l’île importe 70% de ses besoins alimentaires ce qui nous met très loin de l’autosuffisance qui devrait être la règle d’un pays sous embargo. Cuba s’est récemment tourné vers une reprise de son ex atout numéro un : le tourisme, essentiellement en direction des européens et des canadiens ce qui lui a valu quelques belles années de croissance, il exporte aussi ses « cuban doctors » et développe des vaccins et autres produits des biotechnologies.

Ses exportations principales sont vers : Venezuela 33%, Canada 16% & Chine 10%

Ses importations principales sont depuis : Venezuela 39%,  Chine 10% & Espagne 8%

(Chiffres 2014)

Sa balance commerciale est très déficitaire et il n’existe pas encore de secteur privé capable de tenir face à une concurrence sur les mêmes biens & services.

On s’intéresse ensuite à Saint Domingue qui partage l’île d’Hispaniola avec Haïti (partie ouest) – nom officiel : République dominicaine. Le pays est clairement capitaliste depuis très longtemps, les USA ayant strictement veillé à ce qu’il n’y ait pas un autre Cuba dans la région. Il possède la première économie de la région. Il est une puissance exportatrice grâce au tourisme et aux zones franches qui permettent à des groupes étrangers d’y produire. Il tire aussi 3 milliards de dollars annuels des transferts des dominicains établis aux États-Unis.

Ses principaux partenaires à l’export sont : États-Unis 46%, Haïti 17%,

Ses principaux partenaires à l’import sont : États-Unis 43%, Vénézuela 7%,

MAIS :

  • Balance commerciale très déficitaire
  • Taux de pauvreté très important à 40% de la population
  • Taux de chômage élevé : supérieur à 15%
  • Malgré des revenus par tête « corrects » le niveau scolaire reste faible et le pays n’est que 79é mondial pour l’IDH
  • Une croissance démographique très/trop élevée rapportée au nombre d’emplois disponible
  • Le pays a enfin un énorme problème d’immigration et de séjour illégal depuis essentiellement son voisin haïtien qui est l’un des pays les plus pauvres au monde

Et, puisqu’on en parle, il  n’y a rien de spécial à dire sur les forces et faiblesses de l’économie haïtienne ; on ne dispose même pas de statistiques. Deux chiffres toutefois :

  • Taux d’analphabétisme très proche de 50%
  • Taux de pauvreté très important à 70% de la population
  • Très sujet aux tremblements de terre et n’ayant pas les moyens de reconstruire

Cependant, après des décennies de dictatures très dures puis d’anarchie, le pays semble s’être « mis dans le sens de la marche » dans la mesure où il a maintenant un gouvernement à peu près fonctionnel. Ses atouts aujourd’hui plus virtuels que réels mais qui pourraient devenir concrets :

  • Des ressources minières qui ne demandent qu’à être exploitées
  • L’aide internationale, particulièrement des États-Unis mais pas seulement (UNICEF, MINUSTAH …)
  • Une main d’œuvre nombreuse et évidemment pas chère

C’est pourquoi, outre sa situation géographique évidente, on l’inclue dans nos pays éligibles.

 

Synthèse de certains candidats potentiels

(Zone Caraïbes et voisinage)

 

Pays

Population Millions

 

PIB Mds USD

 

PIB/habitant

USD

principales exportations

 

Jamaïque

2,9

15

8 843

Rev. diaspora, tourisme

Haïti

9,9

8

1 109

Rev. diaspora, aide internationale

Guadeloupe

0,5

4

8 800

Transferts de métropole, sucre, bananes

Barbade

0,3

4

13 000

Tourisme, informatique & services financiers

Cuba

11,1

61

10 150

Tourisme, "compensation", ex. Vénézuela/médecins

Rép. Dominicaine

10,2

59

9 100

Rev. diaspora, tourisme, maquiladoras

Guyana

0,7

3

6 500

Sucre, or, bauxite

Porto Rico

3,7

102

17 400

Rev. diaspora, tourisme, maquiladoras

Bahamas

0,4

8

28 000

Tourisme, services financiers

Trinité & Tobago

1,2

24

20 500

Pétrole, gaz

Nicaragua

5,8

11

3 000

Textile, Rev. diaspora

 

Source :               CIA : NationMaster's database et The-world-factbook

Ces chiffres n'étant pas des mêmes années, ils ne sont pas à prendre à la lettre mais pour avoir des ordres d'idée

 

Le périmètre retenu

Dans ce qui suit, on va prendre pour hypothèse que les pays ayant décidé d’y aller sont : Jamaïque, Haïti, Cuba, République Dominicaine et Trinité & Tobago. Sur quels critères ?

  • Tout d’abord la taille, on verra plus loin que la mise en place de la nouvelle architecture de développement suppose des négociations avant, pendant et après et on a donc décidé, un peu arbitrairement, que seules seraient retenues des entités ayant au moins un million d’habitants. On prévoit toutefois que la Guadeloupe et la Barbade puissent être associées selon des modalités à définir
  • Ensuite, des considérations politiques mais pas que. Cela nous conduit à écarter Porto Rico car, malgré un réchauffement récent des relations diplomatiques entre les EUA et Cuba le chemin à parcourir reste énorme. D’autre part, Cf. plus loin, il y aura libre échange entre les pays de l’ensemble et, dans ce contexte, les entreprises cubaines ne tiendraient pas le choc vis-à-vis de celles des US, avec pour conséquence un risque de nouvelle colonisation économique
  • On admet par contre qu’Haïti est aussi en retard de développement certain. Mais on prend pour hypothèse qu’avec l’aide internationale et celle de ses voisins un décollage est possible dans ce pays aussi.
  • Le Nicaragua serait un bon candidat pour remplacer l’un des cinq autres

 

Quel sera le nom de cet ensemble (encore flou) ? On propose ACCIM (Asociación Caribeña para el Comercio de interés Mutual).

 

Quel est le but de l’association ?

  • Tout d’abord, en étant plus gros et en rationalisant les approvisionnements d’obtenir de meilleures conditions des fournisseurs externes. On parle en effet d’un marché de quasi 36 millions d’habitants, relativement pauvres pour certains mais avec une croissance démographique respectable et des perspectives de croissance économique aussi
  • D’autre part favoriser un essor du commerce entre les pays de la région et plus particulièrement les cinq de l’ACCIM

 

 

II Architecture de l’ACCIM

 

1. Principes généraux

L’ACCIM n’est pas, comme Petrocaribe, une institution permettant de faire de l’aide. Les produits sont échangés au prix du marché, même quand il y a de sensibles écarts de niveaux de vie – comme c’est le cas.

On n’est donc pas au « Club Med ». C’est pourquoi aussi le secteur privé, sauf pour ceux que l’on va exclure plus loin et sauf pour des entreprises nationalisées dans un but précis d’indépendance, tend à être généralisé. Ce qui veut dire aussi que les sociétés des quatre autres pays peuvent s’y implanter librement et acheter des entreprises du pays. Une « basic law » garantit les droits de toutes les entreprises contre les interdictions dont elles pourraient être l’objet. Dur, dur pour Cuba et Haïti, mais on y voit une condition indispensable pour que le commerce entre les pays concernés se développe réellement. Pour un pays comme Cuba, en même temps, on conçoit facilement qu’il ne soit pas possible de mettre en place an quelques mois des systèmes de retraite du privé, assurance chômage et agence nationale de l’emploi. Ce que l’on préconise : les salariés des entreprises privées seront détachés par leur entreprise publique ou administration. En cas de fin du contrat privé, ils auront donc un droit à y revenir – chaque cubain étant ainsi pris en charge actuellement suivant l’adage « ils font semblant de nous payer et on fait semblant de travailler ». L’entreprise privée versera à l’organisme public un pourcentage du salaire, ex. 7% pour « frais de gestion » et « aléas ».

Les mouvements de la main d’œuvre y sont aussi libres entre nationaux, mais des clauses de sauvegarde restent possibles si discutées entre partenaires (Cf. Saint-Domingue et haïtiens). Implique aussi que Cuba doive laisser sortir ses ressortissants (même si un certain nombre prennent ensuite un vol Santo Domingo – Miami), sauf dispense pendant trois ou quatre ans au démarrage.

 

On envisage aussi que les différents pays soumettent l’entrée dans l’ACCIM à un référendum populaire avant la bascule. En effet, il ne s’agit pas non plus d’un simple « club de discussion ». Il y a des éléments de gouvernement transnational, mais, pas comme l’Union Européenne : avec un droit de la concurrence et des sanctions. La structure de coordination n’a pas vocation à infliger des blâmes ou des amendes mais  seulement à faire avance l’ensemble au rythme qui est possible.

 

2. Une monnaie : le Caribe

Le Caribe est émis par les banques centrales selon des critères définis ci-dessous. Il sert a priori uniquement pour les échanges entre les pays de la zone et est obligatoire pour ces transactions. Il est convertible dans chacune des devises nationales. Sa valeur de référence, on ne se le cache pas, est le Dollar US, mais essentiellement à des fins de calcul car non convertible vis-à-vis du Reste du Monde, du moins dans une phase d’initialisation de plusieurs années.

 

Comment la monnaie est-elle émise ? Au départ, on y reviendra, un des cinq pays acquiert une spécialité dans un secteur. On suppose que c’est la Jamaïque pour l’automobile. La banque centrale cubaine, par ex. va calculer combien de véhicules le pays va « savoir » importer pour une année en fonction de ses besoins et son pouvoir d’achat – théorique en USD. Cette somme en Caribes va être allouée aux différents importateurs, qui vont dès lors pouvoir importer les véhicules depuis la Jamaïque. Et seulement pour cet usage au départ. Les années suivantes, toutefois, les dits importateurs devront payer une partie de leur allocation en Caribes, à hauteur de 25 puis 40, 50, 60 et 70% au bout de 6 ans ; ce qui leur laisse tout de même une marge de 30% à terme.

 

Le taux de change de chaque devise avec le Caribe n’est pas fixe. Les indicateurs de perte ou gain de pouvoir d’achat par rapport à cette monnaie de référence pourraient être :

  • Croissance des exportations supérieure (vs inférieure) à celle du PIB de la région
  • Réduction (vs augmentation) de la dette publique
  • Taux d’investissement par rapport au PIB (dont toute somme supplémentaire allouée à l’éducation)
  • On pourrait en ajouter d’autres mais pas plus d’un ou deux

Les règles, en tout état de cause, sont les mêmes pour tout le monde. Chacun mesure avec ses outils mais avec des audits des autres pays participants. Les pourcentages sont à définir aussi, par exemple (fictif) tout « point » (1%) de dépassement des exportations génère 0,6 point d’appréciation. Si donc Cuba a développé ses exportations de 4% au cours du semestre alors que le PIB augmentait de 3% le Peso cubain qui valait 0,4 Caribe en vaudra maintenant 0,4024 puisque appréciation de 0,6%. Les résultats des indicateurs s’additionnent.

 

Il s’agit donc au départ de monnaie « ex nihilo » : du crédit. Mais on est attentif à ne pas faire n’importe quoi évidemment car la Jamaïque, pour sa part, a acquis ses véhicules essentiellement en USD et, au départ, on ne saura pas équilibrer l’ensemble des transactions. C’est pourquoi on pourrait confier à des financiers extérieurs le soin de faire les évaluations de base et faire tourner au démarrage (DSK ?)

Le Caribe peut être dévalué (ou même réévalué) aussi. Le critère de base sera le temps de détention de la devise, en moyenne pour l’ensemble de la zone, par les sociétés d’import/export habilitées à commercer avec. C'est-à-dire au bout de combien de temps, en variation, demandent-elles la conversion en monnaie locale ?  La décision appartient dans ce cas au collège des banquiers centraux réunis à huis clos.

Par ailleurs, d’autres sociétés ou administrations peuvent acquérir des Caribes, spécialement pour des achats dans la zone. En ce cas elles doivent les échanger contre la monnaie locale. En revanche, il n’est pas prévu ni possible de les utiliser pour des achats dans le pays. C’est la contrepartie du crédit accordé au départ. Mais cela sera en réalité à définir au fur et à mesure, à condition que chaque pays fasse la même chose.

Dans les échanges extérieurs (ex. achats de véhicules par la Jamaïque), les autres monnaies « internationales » que l’USD, notamment euro, dollar canadien et yen, devront être privilégiées chaque fois que cela est possible. Et, si possible, sans passer par le circuit financier US. On se rappelle l’amende payée par la BNP et, sans entrer dans le détail, on rappelle toutes les contraintes réglementaires que peuvent imposer les USA à des acteurs y compris non nationaux.

 

3. Un développement obligatoire des transports inter îles

 

En gros, il s’agit, même si on n’y arrivera pas tout de suite, que le coût d’acheminement d’un conteneur ne revienne pas plus cher ou à peine plus qu’entre Dortmund et Bilbao. Autrement dit, il s’agit d’un marché unique pas seulement pour les dirigeants mais aussi pour chaque entrepreneur dans ses choix au quotidien.

 

3.1 Les transports par bateau

Deux compagnies assurent au moins une fois par semaine la desserte de chaque pays selon un mouvement circulaire. Par exemple : Jamaïque – Cuba – Haïti – St Domingue – Trinité T. – Jamaïque et dans l’autre sens pour l’autre compagnie, Trinité T. –  St Domingue – Haïti – Cuba – Jamaïque Trinité T., selon la méthode « RORO ». Les chargements sont décidés par le transporteur selon la méthode des enchères, mais avec un prix et un délai maximum. En gros, le bateau s’arrêtera-il ce jeudi à Port-au-Prince ou attendra-t-il la semaine suivante pour avoir plus de chargement ?

Les cinq pays peuvent se mettre d’accord pour confier l’un ou l’autre circuit à un opérateur privé qui s’engage dès lors à respecter le cahier des charges. A défaut, ils devront subventionner un opérateur choisi en leur sein pour lui permettre de rester à l’équilibre. Les paiements se font en Caribes, avec une allocation initiale des banques centrales comme décrit ci-dessus.

 

3.2 Les transports par avion « intra »

Il doit y avoir au moins deux dessertes passagers et une desserte fret quotidiens entre chaque capitale et, de préférence, avec d’autres villes aussi.

Comme pour la bateau, soit les deux compagnies nationales se mettent d’accord pour un prix fixé en échange du monopole, soit les deux pays compensent le manque à gagner par des subventions.

 

Comment ces subventions seront-elles financées ? On a abordé ci-dessus le système de l’Octroi de Mer, seul système adapté à des pays très pauvres comme Haïti où la base fiscale est quasi nulle. On préconise qu’au départ de la mise en œuvre de l’ACCIM soit établi un système de taxation unique sur les importations : 3% sur les produits & services venant de la zone et 8% sur ceux provenant de l’extérieur. Revenant sur le Caribe, on voit aussi qu’il y a obligation pour chaque pays d’avoir un taux de change réaliste par rapport aux autres devises et spécialement l’USD, on ne se le cache pas, pour qu’il n’y ait pas un circuit parallèle privant le pays (et l’ACCIM) de taxes particulièrement utiles.

 

3.3 Les transports par avion vers et depuis le reste du monde

On prévoit que la zone se dote de trois plateformes gérant chacune une région du monde (vols réguliers et fret). Ceci afin de capter du trafic passant par d’autres destinations et renforcer l’attractivité de l’ACCIM par des vols plus directs. Ces plateformes sont :

  • La Havane pour les destinations : Portland, Seattle, Calgary, Vancouver, Séoul, Osaka, Singapour, Hong-Kong, Shanghai, Hô-Chi-Minh-Ville
  • Santo Domingo pour les destinations : Paris, Genève, Milan, Amsterdam, Francfort, Berlin, Stockholm, Varsovie, Vienne, Moscou, Kiev, Istanbul, Casablanca, Alger
  • Port of Spain pour les destinations : Cayenne, Porto Alegre, Lagos, Yaoundé, Kinshasa, Luanda, Johannesburg, Addis Abeba

Les compagnies locales ont l’interdiction de desservir ces destinations mais continuent évidement sur les autres comme Madrid et Miami et sur les vols exclusivement touristiques. Les compagnies desservant les « hubs » peuvent travailler en partage de charge avec une du pays (russe, japonaise …).

Comment cela sera-t-il financé ? On peut imaginer que pour la plateforme 1, une compagnie étrangère soit retenue suite à appel d’offre, pour la 2 une compagnie pourrait être créée comme une joint-venture entre, par exemple, Cubana, Dominicana et Air Jamaica. Pour la troisième, ce serait la compagnie nationale.

On note au passage qu’il y a dès le départ la possibilité d’enregistrer une société comme appartenant immédiatement à l’ensemble de la zone ACCIM. Mais ses établissements et les contrats de travail restent nationaux. En revanche la capitalisation peut-être éclatée. L’impôt sur les sociétés peut être calculé, sur option, soit au niveau de la maison mère seulement soit par application d’une clé unique, par exemple 1% du chiffre d’affaire réalisé dans chaque pays et le reste chez la mère.

 

4. Une spécialisation de chaque pays dans une gamme de produits industriels

Comment cela va-t-il fonctionner ? Certains biens ne peuvent être importés que d’un des pays désignés, sauf exceptions toujours possibles, en acquittant en plus des taxes à l’importation ci-dessus, une pénalité supplémentaire, par ex. mille dollars pour une voiture.

 

Qu’en attend-on ?

  • Un coût d’achat et de transport plus faible en mutualisant en quelque sorte les appros
  • Une substitution aux importations, pour la zone, dans la mesure où, dans un délai de six ans, ces produits réexportés ou vendus sur le marché local devront avoir 25% de contenu local –sur la valeur ajoutée FOB

 

Les cinq secteurs retenus pour commencer sont :

  • Automobile : véhicules pour les particuliers et petits utilitaires
  • Produits pétroliers raffinés et gaz, dérivés
  • Médicaments
  • Instrumentation médicale soit prothèses dentaires, optique, imagerie, instruments chirurgicaux …
  • Outils et matériaux de bricolage, Cf. ce que l’on peut trouver à Brico Dépôt ou autres concurrents

Les pays pressentis pour chaque secteur seraient : Jamaïque, Trinité & Tobago, Cuba, Rép. Dominicaine, Haïti. Bien sûr, il s’agit d’un démarrage et cela ne garantit absolument pas des échanges équilibrés. Sans aller jusqu’à le généraliser à tous les secteurs, on pourrait en ajouter au fur et à mesure, par exemple ajouter les engins de chantier, pas forcément par le pays 5.

 

Par ailleurs, l’ACCIM se réserve à tout moment la possibilité d’avoir un fournisseur extérieur unique. Par exemple pour le lait et les produits bovins ce serait le Canada, en échange d’un monopole d’importation des bananes et ananas. Et pour le maïs ou le soja ce serait le Brésil, pas forcément avec une contrepartie car il y a un gain sur le prix d’achat. Pour tondre les coûts de transport, toutes les livraisons initiales pour la zone seraient effectuées dans un seul port, sauf produits frais.

 

Pour avoir des prix d’achat plus bas et développer le contenu local, le pays détenteur du quasi-monopole aura l’obligation de réduire le nombre de fournisseurs et de références et leur imposer les obligations qui vont bien. Par ex. pour l’automobile, la Jamaïque pourrait discuter avec les seuls groupes Ford, Volkswagen Audi Group, Toyota et Renault-Nissan. On ne prendrait qu’une partie de la gamme de chaque constructeur, produits « mûrs ». A chacun de ces groupes, pour continuer à être référencé, à réfléchir et développer les productions locales jusqu’à parvenir au contenu de 25%.

Dans le domaine du médicament, Cuba pourrait s’appuyer sur cinq groupes, en sélectionnant une trentaine de produits, les plus utilisés. Les génériques auraient évidemment vocation à être produits sur l’île.

 

Pour Trinité & Tobago, le problème est différent car il est déjà exportateur de produits pétroliers raffinés. Ils auraient plutôt à réorienter une partie de leurs exportations en s’efforçant d’être toujours en mesure de satisfaire à la demande intra ACCIM. A l’inverse, les pays ayant déjà des accords d’approvisionnement, tels Cuba avec le Vénézuela, auraient aussi à dénoncer progressivement ces accords.

Sur les biens industriels revendus en l’état, le prix FOB ne pourra supporter une marge commerciale supérieure à 20% par rapport au prix CAF. Mais, pour réduire encore ces marges, le plus simple sera évidemment que, profitant du statut d’entreprise ACCIM, ce soit l’importateur jamaïcain, par exemple, qui établisse une succursale dans le pays final. Et cela est tout à fait dans l’esprit de spécialiser chaque pays dans ses domaines réservés.

 

5. les spécialisations des pays au niveau des services

5.1 L’épineuse question des assurances

Comme vu en préambule, faire des affaires dans ces régions est compliqué par de nombreuses difficultés physiques comme ouragans, tremblements de terre, affaissements de terrain, éruptions volcaniques. S’y ajoute une criminalité en moyenne supérieure à celle de la majorité des pays du monde. Dans ces conditions, on imagine facilement que le coût des assurances est très élevé.

 

Ce que l’on préconise : hormis pour les particuliers pour lesquels les assurances restent privées, chaque pays doit se doter d’une compagnie publique pour le monde des affaires, y compris transport maritime. Cette compagnie sera financée d’une part au moyen de cotisations des sociétés « normales », conforme à l’historique des coûts et, d’autre part, via des taxes spécifiques comme sur les écoles privées ou sur l’hôtellerie de luxe. Faire payer les riches ? Oui mais d’une certaine manière plus le commerce se développera plus les possibilités d’enrichissement seront grandes. D’autre part, le produit de ces taxes spéciales ne serait pas à utiliser chaque année mais à alimenter des provisions pour les années spécialement catastrophiques. Et on pourrait imaginer que, les autres années, elles produisent intérêt pour les contributeurs. Pour Haïti, en outre, on continuerait à faire appel à l’aide internationale.

 

5.2 Un championnat de villes de la région

Avant de parler affaires, on regarde un moyen de faciliter l’intégration : donner aux différents peuples le sentiment d’appartenir à un même ensemble. Pour cela on songe évidemment au sport de haut niveau. Or si le foot, le basket et le volley sont aimés et pratiqués, ils ne sont pas le sport le plus populaire. Pour cela, on se tourne vers deux sports ressemblants et cependant très marqués culturellement : le Cricket d’un côté, le Baseball de l’autre.

Or ce dernier concerne tout de même la majorité de la population de la zone. C’est pourquoi, sur le modèle de la National Hockey League et de la Ligue Adriatique en basket, on propose la mise en place d’un championnat international opposant les 6 meilleures équipes de Cuba et Saint Domingue et les 4 meilleures de … Porto Rico. Ce championnat viendra en plus de la Beisbol Serie Del Caribe déjà existante qui regroupe déjà les gagnants de ces championnats plus Vénézuela et Mexique, mais sur un court laps de temps.

Comme pour le tourisme régional, Cf. ci-dessous, chaque supporter qui prendra l’avion pour aller soutenir son équipe dans un autre pays se verra attribuer, une fois par an, l’équivalent de 60 dollars en Caribes pour ses dépenses sur place.

 

5.3 Développement du tourisme régional

Certes le tourisme est déjà un atout de la plupart des pays. Mais on parle ici de le développer non en direction d’une clientèle européenne, nord-américaine ou locale mais pour l’ensemble des habitants de l’ACCIM.

Ce que l’on préconise :

  • Dans l’un des pays, développer un centre d’attraction avec Aquaparc géant et casinos. Ce centre accueillerait également des foires régionales importantes du type salon de l’auto, salon de la maison
  • Dans un autre pays, développer un centre d’attraction avec parc à thème géant type Orlando et golfs. Ce centre accueillerait également des concerts de vedettes internationales.

 

Ces centres, sans être interdits au locaux et aux touristes hors ACCIM, seraient tout de même destinés en priorité à un tourisme régional, en ayant identifié les particularités des souhaits de ses habitants. Les prestations d’hôtellerie et restauration seraient à l’avenant, pas le niveau de confort exigé par la clientèle internationale mais bien au-dessus des normes locales. Le but est de vendre des « package tours » de trois à cinq jours pour les citadins du pays et les ressortissants des pays voisins. Comme vu ci-dessus, chaque touriste qui prendra l’avion pour la première fois dans ce cadre, recevra l’équivalent de 60 dollars en Caribes pour ses dépenses sur place.

 

6. La formation professionnelle et la recherche

 

Dans ce qui suit, les modes de sélection et l’âge auquel se tiennent les épreuves ainsi que la possibilité de les passer une ou deux fois sont déterminés par le pôle d’excellence. Mais ensuite c’est chaque pays qui paie les frais de scolarité et d’hébergement de ses ressortissants. Il détermine aussi si la scolarité devra être partiellement remboursée ou non. Le paiement de l’hébergement et frais de scolarité se fait en Caribe avec une allocation initiale de la Banque Centrale selon mécanisme exposé ci-dessus L’enseignement sera dispensé en plusieurs langues avec une dominante espagnole suivie de l’anglais puis le français.

 

6.1 Les pôles de formation supérieure régionaux

On traite ici de formations à visée professionnelle d’excellence. Les instituts de formation seraient à monter avec l’assistance d’acteurs internationaux. Les six domaines de formation identifiés sont :

  • maintenance aéronautique
  • maintenance maritime
  • méthodes et techniques de construction
  • qualité et sécurité
  • hôtellerie et restauration
  • filière comptable

 

Tiens pourquoi six ? Car la Guadeloupe, par exemple, pourrait se joindre à ce projet. C’est un moyen d’associer d’autres territoires sans avoir la nécessité de créer, entre autres, les dessertes maritimes vues plus haut. L’obligation de chaque pays, outre un niveau de qualité démontré, serait d’accueillir au moins 40% de jeunes d’autres pays « ACCIM+ ».

 

6.2 Des centres universitaires d’excellence

Ils seraient, cf. ci-dessus, à monter avec l’assistance d’acteurs internationaux et cela pourrait être une émanation directe d’universités étrangères prestigieuses. Avec cette particularité que les formations seront gratuites. Les domaines d’excellence identifiés sont :

  • Arts visuels, cinéma et théâtre
  • Lettres et journalisme
  • Mathématiques et informatique
  • Biotechnologies
  • Sciences économiques « appliquées »
  • Histoire et Ethnologie

On entend par Sciences économiques « appliquées » dédié plus spécialement à l’économie hétérodoxe. On en attend spécialement une réflexion sur ce qui est en train de se mettre en place avec l’ACCIM. Ce pôle aurait vocation à accueillir des étudiants étrangers à la région. On a, d’autre part, délibérément laissé de côté la physique et la chimie car ces pays ne vont évidemment pas concurrencer avant très longtemps l’Allemagne et la Suisse, tandis que dans d’autres domaines, ceux cités mais aussi la musique, ils ont évidemment plus à apporter à leurs enfants et au reste du monde.

Ici la proportion d’étudiants étrangers serait de 50% au moins. Le recrutement sera fait sur la base de concours très sélectifs, les filières, sauf la troisième, ne prenant que quelques centaines d’élèves au maximum chaque année.

 

III Vie du système

 

Passée la phase de démarrage, certains points vont être évidemment à compléter ou revoir.

 

III.1 Le taux de change du Caribe

On a vu que la devise était de fait alignée sur le dollar US tout en permettant de s’en passer dans les échanges intra. Cependant, clairement, un certain nombre de transactions avec le reste du monde continuent à se faire dans cette devise. Il convient donc d’évaluer la balance des paiements de la zone dans son ensemble. Si le déficit se creuse, ce sera le Caribe qui devra être dévalué (on n’envisage pas pour l’instant que cela soit dans l’autre sens mais ce n’est peut-être qu’une « question de temps »). On doit aussi, au niveau global, passer en parallèle des contrats d’achat auprès d’un seul pays : par exemple le blé ou les éoliennes.

 

III.2 Moyens de réduire les déséquilibres commerciaux à l’intérieur de la zone

On ne doit pas connaitre la situation de la zone euro où l’Allemagne et les Pays Bas engrangent des excédents commerciaux gigantesques non seulement vis-à-vis du reste du monde mais aussi de leurs voisins européens. Régulièrement on analysera donc les balances commerciales réciproques et on cherchera le moyen de réduire le déficit « interne » du ou des deux pays les plus faibles. On a cité le cas des engins de chantier qui pouvait être ajouté à la liste, par exemple au bénéfice d’Haïti. On pourrait y ajouter, par exemple :

  • les véhicules de transport collectif : du minibus aux cars de ligne et tourisme
  • les équipements de cuisine et blanchisserie pour les collectivités : hôtels, restaurants, cantines

D’autres secteurs pourraient être ajoutés tant que cela fonctionne. Mais on rappelle qu’il n’est pas envisagé de le généraliser à tous. D’une part car l’objectif de 25% de contenu local nécessite d’y allouer les meilleures ressources. D’autre part car les taxes à l’importation vont constituer pendant encore longtemps une ressource fiscale vitale.

 

III.3 Penser à des moyens de développer les exportations « extra »

On a à peine évoqué les exportations vers le reste du monde. Ne nous cachons pas que l’ACCIM ne va pas devenir tout de suite un « tigre ». En particulier car, outre des défauts que l’on a soulignés, elle a une épargne très faible. Cependant on veut mettre ici en avant trois atouts :

  • Atout No1 : le statut d’entreprise ACCIM. Ce statut doit permettre à certaines entreprises de devenir grosses plus vite. Et, dès lors qu’elles auront mis au point des avantages concurrentiels, elles auront naturellement vocation à se développer hors de la zone, tout en restant circonspects sur le dollar US, des freins existeront : reste des pays comme autres Antilles, Vénézuela, Amérique centrale.
  • Atout No2 : Favoriser l’investissement de la diaspora. Chaque dollar, auparavant converti en euro investi par un originaire du pays ouvrirait un crédit d’impôt. Ainsi 1 000 euros investis permettraient de réduire l’IS de 400 les 4 premières années puis 300 les quatre années suivantes. Les fonds pourraient en outre être rapatriés à hauteur de 120% de l’investissement initial.
  • Atout No3 : Outre un climat très favorable, ces pays sont relativement sûrs, ont une douceur de vivre et une main d’œuvre bon marché et, pour peu qu’ils développent leurs infrastructures, pourraient attirer des retraités des trois pays nord-américains, suivant le modèle portugais

Mais va-t-on avoir une concurrence féroce pour capter ce marché des retraités ? On préconise que non : chaque pays, respectivement Jamaïque, Cuba et Rép. Dominicaine dans un premier temps, s’adresserait à un des trois grands, respectivement Canada, Mexique, Etats-Unis. Ainsi la Jamaïque pourrait garantir aux retraités ou futurs retraités canadiens un impôt sur le revenu extrêmement faible pour peu que leur retraite soit versée dans le pays.

 

Mais la meilleure méthode pour réduire les déficits et donner de la crédibilité au Caribe et à l’ensemble du système est d’aller loin dans les substitutions aux importations, spécialement dans le domaine agricole. Pour un pays comme Cuba cela veut dire, à ce qu’il nous semble, renoncer, plus ou moins vite, aux exportations agricoles. Le sucre, typiquement doit pouvoir, puisque des pays comme le Brésil l’ont fait, être transformé en agro carburant – lequel mettra fin aux pénuries pour, par exemple, transporter les récoltes. Ce même pays doit aussi permettre aux paysans de s’enrichir sachant qu’il souffre aussi d’une pénurie de main d’œuvre au moment des récoltes. Si les exploitations ne deviennent pas tout de suite privées, que Cuba laisse alors la main aux communes. Ces communes à leur tour, on pourrait en désigner une soixantaine à l’échelle du pays, solliciteraient directement l’assistance financière et technique de la Banque Mondiale via L’Association internationale de développement (IDA). Tant il est vrai que le gouvernement central n’a pas réussi à le faire. il lui incomberait toutefois de s’occuper de la canne à sucre, aux conditions exposées ici, la gestion des forêts et de la ressource en eau à l’échelle du pays et de mettre fin au contrôle des prix. Cuba ne doit pas non plus hésiter à importer des tubercules ou céréales  non habituelles comme le sorgho ou l’huile de palme qui ont produit de bons résultats dans d’autres pays tropicaux. Les communes désignées ne subiraient aucun impôt, elles devraient seulement redistribuer 75% de leurs profits à la communauté sous forme d’investissements comme des bonnes écoles, l’eau, l’électricité et le wifi dans chaque maison ou des voitures en auto partage … toutes dispositions propres à fixer des citadins à la campagne,  et investir le reste, par exemple dans le transport et la commercialisation de leur production. Elles n’auront pas vocation à se tourner vers l’exportation.

Ceci s’applique également à Haïti, avec la contrainte supplémentaire de devoir faire absolument quelque chose pour limiter les naissances. L’aide internationale, etc …

 

 

 

 

@Serge Darré – novembre 2016

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