Une immigration contrôlée et en ligne avec les mutations climatiques

  • Le cas de la Russie

 

INTRODUCTION

La Russie, incluant donc l’immense Sibérie, a connu une décroissance de sa population record. Celle-ci est à la fois en déclin et vieillissante : la baisse a été mesurée à 12,5 millions d’habitants entre 1992 et 2008.

Les causes principales en ont été une augmentation de la mortalité et une baisse de la natalité suite au changement de régime (fin de l’Union soviétique) et l’émigration. En 1995, un record de 80 000 émigrants vers l’Allemagne a été battu. Le reste du temps, c’est souvent aussi vers Israël ou les États-Unis qu’elle s’est dirigée.

Pour autant, le pays accueille aussi des migrants. Ce qui a eu pour effet d’atténuer le déclin démographique. On distingue deux sources principales :

  • Les russes vivant dans d’autres parties de l’ex URSS, comme Kazakhstan, Ouzbékistan

  • D’autres nationalités venant des mêmes régions, par exemple géorgiens ou ouzbeks d’Ouzbékistan

  • S’y ajoute, dans une moindre mesure, des étudiants étrangers restant après obtention de leur diplôme

Le premier groupe a tendance à revenir “pour de bon”, même quand ils ne sont pas nés en Russie, car c’est leur langue maternelle. Ce premier groupe représente, selon diverses sources, 50% du total. Le deuxième constitue généralement une immigration temporaire, visas limités dans le temps, souvent suivis d’années de clandestinité.

Un autre effet de la chute du communisme a été de fortes migrations internes de l’Est et du Nord vers la Russie d’Europe et du sud. En effet, on n’avait plus les moyens d’accorder des avantages pour aller vivre dans ces régions hostiles. C’est ainsi que l’on estime que l’Extrême Orient a perdu 14% de sa population entre 1990 and 2005. Ces migrations internes se sont d’ailleurs stabilisées depuis lors à l’exception des plus grandes villes qui continuent à attirer plus que le reste du pays.

Source : Country profile – Russian Federation – juillet 2010

“En 2002 la loi sur le statut légal des étrangers sur le territoire russe a été adoptée. Cette loi était attendue avec impatience comme un moyen de légaliser les immigrants illégaux, de mettre en place des procédures transparentes de contrôle de l’immigration et de donner un statut légal aux différents groupes de migrants. Au lieu de cela, elle a mis en place de nombreuses barrières bureaucratiques qui ont compliqué les procédures et introduit un quota de travailleurs non CEI. Elle a, au final, eu pour effet une augmentation de l’immigration clandestine et du travail dissimulé ».

C’est que, hormis les russophones qui se fondent en quelque sorte dans le paysage, les autres, parfois appelés les “noirs” sont vus comme une main d’œuvre d’appoint au mieux, comme une source de délinquance au pire. Au vu du déclin général, cette politique était si désastreuse que les autorités ont ensuite dû procéder à des régularisations massives par décret. Par ailleurs, les russophones ne bénéficiant pas par ailleurs d’aides spécifiques, le flux a aussi eu tendance à se tarir : tous ceux qui ont un bon travail au Kazakhstan par exemple, ont tendance à y rester. Ce qui procède par ailleurs d’une ambivalence du Kremlin, qui a besoin aussi que restent « là bas » de nombreux cadres russes pour y garder une influence et une prédominance de la langue russe.

En 1991, on estime que 25 millions de russophones vivaient hors de Russie. Tous ne sont pas partis, loin de là, comme vu ci-dessus. Source Geopopulation.com : « Les plus grandes diasporas russes vivent dans les anciens États soviétiques, comme l’Ukraine (environ 8 millions), le Kazakhstan (environ 4 millions), la Biélorussie (environ 1 million), l’Ouzbékistan (environ 700.000), Lettonie (environ 700.000), Kirghizistan (environ 600.000) et la République de Moldavie (environ 500.000). »

 

PREMIERES MESURES ENVISAGEABLES POUR RETROUVER UNE CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE

Comme vu ci-dessus, une baisse de 12,5 millions en à peu près quinze ans situe la Russie parmi les quelques pays dans le monde (essentiellement bloc de l’est européen d’ailleurs) qui ont connu récemment une diminution massive de leur population.

 

La première idée pour contrer cette tendance serait évidemment d’agir du côté de la natalité.

Depuis 2006 (source Wikipedia), selon la volonté du président Poutine, des politiques favorisant les naissances ont été mises en place telles que prime de naissance et aide à la garde des enfants. Ces mesures ont produit des effets, du reste surtout peut-être parce que le niveau de vie a augmenté aussi pendant la période. A 1,75 en 2014 le taux de fécondité n’est pas extraordinaire à l’échelle mondiale mais conforme à des standards européens et supérieur à celui de pays comme l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne.

Mais la Russie doit avoir la volonté d’aller plus loin. Un objectif de dépasser les 150 millions d’habitants et au-delà paraissant largement réaliste et désirable (vers les 156 millions ?)

 

La deuxième idée est d’aller voir du côté de la mortalité.

Dont on a vu qu’elle s’est dégradée à compter de 1990. La mortalité masculine des pays de la région (cad aussi Ukraine) était devenue très supérieure à celle de pays moyennement développés. L’alcoolisme, le suicide et une certaine désorganisation du système de santé, dus en grande partie à des privatisations « à marche forcée » ont été les causes principales de cette surmortalité.

Comme ci-dessus, il y a eu un redressement récent. Mais les espérances de vie restent inférieures à ce que devrait autoriser le niveau technique du pays : elles sont de 63 ans pour les hommes et 75 pour les femmes. Il ne fait pas de doute que des politiques très volontaristes combattant l’alcoolisme, les drogues, morts sur les routes et les comportements à risque d’une manière générale doivent pouvoir être mises en place comme cela a été le cas dans les pays « occidentaux ».

D’autre part, comme le souligne Wikipedia : « Quelques maladies infectieuses sont également impliquées à ce constat, telles que le VIH et la tuberculose, qui sont devenues plus répandues en Russie depuis les années 1990 en raison de la détérioration du système de santé. »

 

Troisième mesure : sécuriser l’immigration désirée

Qu’entend-on par cette expression ? La Russie, de fait, par nécessité et par choix, se définit elle-même comme héritière de la grande URSS. Elle a donc vocation à accueillir, tout du moins pour ceux qui viennent y travailler, tous les ressortissants des pays qui la composaient.

La première urgence serait donc de régulariser très simplement et massivement tous ceux qui vivent à ce jour en Russie, officiellement ou dans la clandestinité. Comme vu ci-dessus, cela a déjà été tenté en 2002 mais a pêché au niveau de la mise en œuvre. Il conviendra de faire plus vite et plus simple la prochaine fois. Il y a en tout cas moyen de « faire ressortir » ainsi d’un coup d’un seul plusieurs millions de résidents, peut-être 5 millions ? Ceux qui sont d’origine russe (grands-parents …), ou/et qui maîtrisent parfaitement la langue pourront en outre acquérir la nationalité après x années de résidence dans le pays. Le travail au noir en souffrira, comme certains secteurs tels la construction vraisemblablement, mais comme vu ci-dessus pour la mortalité, le retour à une certaine grandeur du pays va passer par des politiques plus aux normes du reste de l’Europe.

Et au-delà ? Tous les citoyens de l’ex URSS, devront pouvoir bénéficier d’un visa de deux ans renouvelable dès lors qu’ils viennent avec une promesse d’embauche, ou inscription à l’université ou au titre du regroupement familial.

 

AUTRES MESURES IMPERATIVES : DU COTE DE L’IMMIGRATION

Du fait, entre autres, d’un déficit des naissances entre 1995 et 2005, le nombre de jeunes femmes russes susceptibles de faire des enfants ne peut que baisser ce qui ne permettra pas un renouvellement de la population. Hors mesures vues ci-dessus, il faudra donc, selon plusieurs estimations convergentes, parvenir à une immigration de 500 000 personnes par an au moins.

Première composante : l’immigration russophone

a. L’Ukraine et la Crimée

En fait, le « retour à la mère patrie » à un niveau plus ou moins organisé a déjà été mis en œuvre avec le rattachement de la Crimée. Sur les modalités de ce rattachement et le droit international on cite ci-dessous in extenso un autre article de Serge Darré :

Crimée/Kosovo/Mayotte : ce qu’on n’a pas ou presque entendu

Pour ce qui concerne l’indépendance du Kosovo, tout d’abord, rappelons que l’OTAN a fait la guerre à la Serbie à partir du 24 mars 1999 et cela pour une durée de 78 jours. Les objectifs militaires n’ont absolument pas été les seuls à être visés. La chasse de l’OTAN a aussi détruit des ponts, des voies de chemins de fer et des bâtiments administratifs. Il y eut, entre 2 500 à 3 500 morts et 12 500 blessés parmi les civils.

On ne sache pas que, depuis, les pays « vertueux » de l’OTAN aient accordé quelque compensation que ce soit pour les morts et les destructions civiles.

Peut-on faire un commentaire additionnel : le Kosovo n’est pas viable comme pays. Il est gangrené par la mafia du sommet de l’État jusqu’à sa base. Et pour quelle raison ? Peut-être que c’est la seule activité économique qui fonctionne dans ce mini État enclavé ?

On veut ensuite rappeler un autre fait plus gênant pour la France spécifiquement : l’île de Mayotte qui est une des quatre îles de l’archipel des Comores.

En effet, le 22 décembre 1974, la France a organisé aux Comores un référendum pour plébisciter l'indépendance de l'archipel mais les Mahorais (habitants de Mayotte) ont fait un choix distinct en votant pour le maintien de leur île au sein de la République française. Un second référendum a été organisé le 8 février 1976 qui a confirmé ce choix. Néanmoins l'Union des Comores revendique toujours Mayotte, tout comme l’Ukraine ne se résoudra jamais formellement à l’abandon de la Crimée.

Toute ressemblance etc. …

Pour autant s’agit-il d’une spécificité française ? Non, absolument pas, sans même parler de l’aberration qu’est Gibraltar, il nous faut envisager trois cas de pays soit disant « vertueux » qui ne manquent pas de voter aucune sanction envers la Russie :

  1. L’enclave de Guantanamo. Celle-ci est théoriquement librement louée aux USA par Cuba depuis 1898, date où l’île était un quasi protectorat US. Sauf que les loyers ne sont plus versés depuis la révolution castriste et qu’il n’y a de fait plus aucune discussion entre les deux pays. Et en l’absence de discussion c’est le statut quo qui prévaut, c'est-à-dire la loi du plus fort, c'est-à-dire que les USA se sont appropriés une partie du territoire cubain.

  2. Les enclaves de Ceuta et Melilla. Ces deux confettis représentent de fait un reste de colonisation espagnole sur le continent africain. Le Maroc ne reconnait pas leur statut qui fait obstacle à son intégrité territoriale

  3. Les Malouines en français, Malvinas en espagnol, Falkland islands en anglais sont quelques rochers peuplés de centaines de milliers de moutons au large du sud argentin. Certes, historiquement, on veut bien admettre qu’au contraire des deux cas précédents, elles ne seraient pas plus argentines que britanniques. Cependant, dans les faits l’Argentine les réclame pas seulement pour une question d’honneur, mais aussi parce qu’ils y voient un intérêt stratégique spécial - Elles sont au débouché du détroit de Magellan. Or les britanniques, quand il s’est agi de Hong Kong, ont bien été capables de discuter pour rendre l’île à la Chine. Pourquoi n’y a –t-il pas les mêmes discussions, on veut dire sérieuses, pour les Malouines ?

Fin article

Toujours est-il que ce rattachement a d’un coup d’un seul apporté deux millions d’habitants, mais sans que cela soit aucunement rentable financièrement. En effet la Crimée est relativement pauvre, n’a même pas de ressources en eau et électricité suffisantes qu’elle doit importer du continent et va donc coûter très cher en développement d’infrastructures comme le pont en cours de construction qui la reliera à la Russie.

A la suite du coup d’État fasciste de Maïdan (même ayant été depuis validé par les urnes), d’autres régions se sont rebellées contre Kiev, par exemple à Kharkov et Odessa. Mais ces manifestations ne sont évidemment pas allées aussi loin que le séparatisme par les armes du Donbass. Grosso modo la moitié des régions administratives de Louhansk et Donetsk, connues ensemble comme le Donbass, sont aujourd’hui quasi indépendantes. Trois scénarios sont possibles à l’heure où nous écrivons :

  • Retour au bercail de l’Ukraine avec certaines garanties d’autonomie et sur l’utilisation de la langue russe

  • Ou bien continueront à exister comme des entités indépendantes non reconnues à l’instar de l’Abkhazie

  • Ou bien obtiendront leur rattachement à la Russie comme la Crimée

Il n’est pas sûr au demeurant que cette option soit celle préférée par Moscou dont l’objectif premier semble plutôt de punir l’Ukraine en lui imposant une guerre larvée. Ils cherchent aussi, comme cas cité, à montrer qu’ils soutiendront toujours les minorités russes de l’extérieur, mais en craignant aussi les implications diplomatiques vis-à-vis de l’occident.

On ne comptera donc pas le Donbass mais, rappelant que 20% des ukrainiens sont russophones, soit une population de 6 millions au moins, la politique qui vise à affaiblir l’Ukraine ne va pas manquer de produire des résultats de ce côté-là, pour peu, on y reviendra, qu’il y ait des aides à l’installation. Kiev, d’autre part, ne fait rien pour l’empêcher avec les lois linguistiques passées depuis 2014.

Si les russes refusent l’indépendance du Kosovo c’est, outre une proximité historique et indéfectible avec la Serbie, qu’ils sont opposés par principe à toute idée de séparatisme. Ils jurent la main sur le cœur qu’ils défendront toujours l’intégrité territoriale de chaque pays. Oui, mais, après les avoir défendus ci-dessus, on doit aussi dire que cela est parfois très hypocrite.

b.la population de la Transnistrie

La Transnistrie, petite entité coincée entre Moldavie et Ukraine, est comme un Kosovo qui ne reconnaitrait pas l’autorité moldave et serait donc autonome sans demander formellement l’indépendance. Elle a une population en majorité russophone, qui a du reste demandé le rattachement à la Russie par référendum. Des troupes russes y stationnent au cas où la Moldavie aurait des velléités de l’envahir.

Mais Moscou ne va pas jusqu’à la reconnaitre comme un énième oblast pour trois raisons essentielles :

  • Serait bien évidemment en contradiction avec sa « doctrine »

  • Absence de frontière avec la Russie (comme l’enclave de Kaliningrad mais passons)

  • Coûte déjà cher aux finances publiques

Une solution serait de permettre à la majorité des citoyens Transnistriens d’avoir l’opportunité de venir vivre en Russie. On leur fournirait à cet effet le logement et on reconstruirait leurs entreprises ou administrations plus ou moins à l’identique. On préconise d’attirer ainsi jusqu’à 300 000 personnes, ceux qui ne viendraient pas deviendraient alors des moldaves comme les autres. Bien sûr, aucune discrimination ne serait tolérée, par exemple pour les retraités, les critères pour les 300 000 personnes étant fixés à l’avance et ensuite ce serait dans l’ordre où les gens se présenteraient.

Il y aurait un coût assez important pour cet investissement, mais à mettre en rapport avec ce que cela coûte déjà aujourd’hui (un régiment russe stationné sur place) et, d’autre part, il y aurait aussi un gain en termes d’entreprises, de populations et de talents qui ferait qu’à plus ou moins brève échéance la Russie serait évidemment gagnante. Sans compter d’autre part des bénéfices diplomatiques vis-à-vis de l’ouest et, pour leurs voisins immédiats, un crédit accordé à la parole russe.

c. les autres ex républiques asiatiques, les pays en tan

Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Turkménistan … sont les noms de ces ex républiques soviétiques qui ont acquis leur indépendance tout en continuant à héberger une population russophone qui se compte par dizaines à centaines de milliers. Tous ces pays sont à majorité musulmane. Aucun n’est une véritable démocratie.

Compte tenu de ce qui a été vu ci-dessus, on examine ceux qui ont la population russophone la plus importante soit : Kazakhstan, Ouzbékistan et Kirghistan. Et, pendant qu’on y est, le Tadjikistan aussi, intriqué dans les trois justes cités.

Le Kazakhstan est un pays riche du fait des ressources de son sous-sol. Le russe y reste langue officielle. On a tendance à penser que peu de russophones vont le quitter prochainement. Ils représentent d’ailleurs une forte minorité (plus de 20%).

L’Ouzbékistan a une économie plutôt dynamique mais fondée essentiellement sur le secteur primaire, l’Ouzbèk y est maintenant la langue officielle, les langues de l’ex URSS tolérées mais le russe a de moins en moins de locuteurs (moins de 10%). De là à ce que beaucoup soient encore prêts à partir ?

Le Kirghistan est trop complexe pour être décrit en quelques mots. Plus pauvre que les deux précédents, ayant une large frontière avec l’Afghanistan, il n’offre pas de perspectives bien brillantes à ses citoyens de culture européenne.

Le Tadjikistan a une situation comparable. La population russophone y est très marginale.

On déduit du panorama sommaire ci-dessus que, pourvu que la Russie leur construise logements, bureaux, usines, écoles et gares, de nombreux ressortissants ouzbèks et kirghizes seraient prêts à immigrer, comme c’est déjà le cas du reste. Doivent-ils être russes ? Non, ils peuvent ukrainiens, allemands ou d’une autre nationalité, pour peu qu’ils maîtrisent la langue.

On pense que facilement 250 000 personnes pourraient être concernées, à ajouter aux effectifs ci-dessus.

Vers quelles régions ou villes ?

La Russie, à l’instar de la France, souffre d’une hypertrophie de Moscou et Saint-Pétersbourg. Elle se compare à cet égard très défavorablement à d’autres pays de taille égale ou du moins comparable.

Source: /WWW.CITYPOPULATION.DE© TH. BRINKHOFF 2010

Pays

Nombre d’agglos plus de 2 millions d’habitts

Chine

36

États-Unis d’Amérique

27

Inde

15

Brésil

12

Pakistan

5

Afrique du Sud

4

Allemagne

4

Grande-Bretagne, Indonésie

4

Autres dont Corée, Colombie, Canada, Turquie ..

3

Russie

2

 

Sachant que les agglomérations en positions 3 & 4 sont Iekaterinbourg et Novossibirsk, sur le trajet du Transsibérien, on y reviendra. La Russie, dans un objectif de diversification et densification de son économie doit absolument mettre le paquet sur les trois villes suivantes : Nijni-Novgorod, Samara et Tcheliabinsk. Les russo/ukrainiens plutôt vers Samara , N-N et un peu Rostov-sur-le-Don, les « asiatiques » plutôt vers Tcheliabinsk.

 

d.une nouvelle immigration depuis le sud-est asiatique

Pas complètement nouvelle non plus car, dans le passé, quand l’URSS accueillait de nombreux étudiants étrangers du tiers monde et des pays frères, il y a déjà eu une immigration vietnamienne. Mais nouvelle pour l’essentiel oui.

Le constat à faire est ici le suivant : le sud-est asiatique au sens très large, des Philippines jusqu’au Népal, est une région « favorisée par les dieux », dans le sens où y règne un climat tropical, ce qui rend impossible notamment les gelées et favorise la photosynthèse, d’autre part régulièrement arrosée par les pluies de la mousson, en principe garanties. C’est pourquoi la population y est depuis toujours très nombreuse. A contrario, les facteurs qui avaient tendance à limiter l’augmentation de cette population comme épidémies, famines, mortalité infantile, bêtes sauvages et guerres ne jouent plus ce rôle « stabilisateur ». Résultat, sur des superficies souvent ridicules les densités sont aujourd’hui énormes et deviennent insoutenables, notamment pour les questions de traitement des eaux usées et accès à l’eau potable. Et les effectifs continuent à augmenter même si la natalité baisse.

Pays

Superficie Milliers Km2

Population en millions

France

550

64

Népal

142

30

Pakistan

796

188

Inde

3 287

1 275

Sri Lanka

66

20

Bengladesh

144

168

Vietnam

331

94

Philippines

300

100

 

En même temps, avec un réchauffement climatique, même lent, et les progrès techniques, la Russie, qui a de son côté un climat plutôt « rude », devient habitable même pour des gens qui ne seraient pas nés sous ces latitudes.

Ce que l’on préconise

On pense que la Russie doit être capable d’accueillir sans difficulté particulière 75 000 ressortissants des pays suivants : Inde, Népal, Bengladesh, Vietnam, Philippines, à parts égales, soit quinze mille pour chacune de ces nationalités. On étalerait leur arrivée sur 5 ans, par groupes d’un millier environ dans chaque agglomération. Il leur sera accordé des visas de trois ans, renouvelables une fois puis acquisition de la nationalité au bout de six ans (régime spécial à prévoir). De nouveaux visas seront accordés en proportion exacte des départs pendant les 7 premières années.

Vers quelles régions

S’agissant de gens qui viennent du sud asiatique, autant les faire venir dans la partie asiatique de la Russie qui est, comme on sait, immense et porte le nom de Sibérie. En même temps, on ne recrée pas non plus les Goulags et on n’oblige pas les gens à vivre dans le nord très inhospitalier. C’est pourquoi le plus simple et le plus réaliste est de suivre le trajet du Transsibérien, de Kirov (km 956 depuis Moscou), jusqu’à Tcheremkhovo (km 5022).

Quels emplois

Contrairement aux postes a à c, ci-dessus, ces peuples ne maîtrisent pas la langue. C’est pourquoi, un critère majeur de choix pour les candidats à l’immigration sera couple ayant au moins un enfant entre 2 et 6 ans. Ainsi, les enfants apprendront vite la langue et serviront en quelque sorte d’interprètes à leurs parents. Ceci pour la vie pratique. Mais les parents ne sont pas pour autant employables tout de suite dans le secteur des services. C’est pourquoi on prévoit qu’ils soient regroupés et travaillent dans des coopératives et/ou entreprises liées de leur ethnie. C’est dans le secteur industriel que cela est le plus réalisable. A cet effet, on prévoit que la Russie impose par la loi que tous les biens électroniques et électro ménagers soient assemblés dans le pays*. Ou pas forcément tous d’ailleurs, juste assez de produits pour employer cette main d’œuvre supplémentaire, ce pourrait être par ex. les aspirateurs, les compteurs électriques et les lave-linges.

Ces coopératives/entreprises liées n’auraient d’ailleurs pas forcément vocation à produire seulement des biens industriels : dans le secteur des services on peut penser aussi à des centres commerciaux, des plateformes de traitement et/ou développement informatique ou encore des ateliers de réparation. Les premières vagues seraient d’autre part spécialisées dans le bâtiment, ayant à construire eux-mêmes les nouveaux quartiers ou villes qui hébergeront les populations dont il est question ici.

Cela suppose, évidemment, outre la question de la localisation des familles arrivant ensemble, d’avoir défini auparavant, c'est-à-dire avant la remise des billets d’avions, les filières de production dans lesquelles elles seront spécialisées. Cf. ce point déjà envisagé dans le cas de la Transnistrie.

 

 

 

* en ce qui concerne ces lois sur l’assemblage final, une difficulté est que cela est contraire aux règles de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) à laquelle la Russie a adhéré. Mais gageons qu’elle saura faire valoir d’une part l’ « urgence climatique » car mesure permettant la migration, même très limitée, des peuples du sud, et, d’autre part, la nécessité pour elle d’avoir une base industrielle plus diversifiée.

 

 

 

@ Serge Darré – novembre 2015

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